Trois ans après son lancement, le Partenariat Vert Maroc-UE entre dans une phase de concrétisation. À Casablanca, la Délégation de l’Union européenne au Maroc a dressé un état des lieux d’une coopération appelée à structurer durablement les relations entre Rabat et Bruxelles, sur fond d’urgence climatique et de transformation économique.
Signé en 2022, cet accord s’est progressivement imposé comme un pilier stratégique du dialogue euro-marocain. Il s’inscrit désormais dans une architecture régionale plus large, portée par le Pacte pour la Méditerranée, avec pour priorités la transition écologique, la sécurité énergétique et le développement humain.
Sur le plan financier, les engagements commencent à se matérialiser. Plus de 650 millions d’euros ont été mobilisés à ce stade pour soutenir des projets liés au climat, à l’énergie et à l’environnement. Une enveloppe qui traduit la montée en puissance d’un partenariat conçu comme un levier d’investissement autant que de coopération politique.
Mais c’est surtout l’entrée en vigueur du Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières qui cristallise les attentions. Depuis janvier 2026, ce dispositif impose une tarification carbone sur certaines importations vers l’Union européenne, notamment dans les secteurs industriels les plus émetteurs. Pour les entreprises marocaines, le défi est double : se conformer à ces nouvelles exigences tout en préservant leur compétitivité.
Du côté européen, le discours se veut incitatif. Le mécanisme est présenté comme une opportunité de valoriser les efforts de décarbonation déjà engagés, notamment dans des filières où le Maroc dispose d’atouts comparatifs. Reste une interrogation majeure : la redistribution des recettes générées par ce dispositif, dont une partie pourrait, à terme, soutenir les transitions industrielles des partenaires du Sud.
Parallèlement, la coopération s’intensifie sur les enjeux d’adaptation. La question de l’eau, devenue critique, mobilise des investissements importants, tout comme les programmes agricoles et forestiers. L’initiative « Terre Verte » illustre cette dynamique, avec des projets orientés vers la résilience climatique, la reforestation et le développement rural.
L’économie bleue s’inscrit également dans cette stratégie, à travers des actions visant à moderniser les activités maritimes et à promouvoir une gestion durable des ressources halieutiques.
Au-delà des chiffres, c’est la traduction concrète de ces engagements qui constitue désormais l’enjeu central. La capacité à diffuser les bénéfices de cette transition — en termes d’emplois, de compétitivité et de qualité de vie — déterminera l’adhésion des acteurs économiques comme des citoyens.
À ce stade, le Partenariat vert apparaît moins comme une déclaration d’intention que comme un chantier en cours, appelé à redéfinir en profondeur les relations économiques et environnementales entre le Maroc et l’Union européenne.
Avec Levert.ma


