Produire un carburant renouvelable dans le désert pour décarboner l’aviation mondiale : l’idée a tout du projet vitrine. Elle ne deviendra toutefois une réussite marocaine que si l’investissement crée des compétences, une chaîne de valeur locale et une énergie réellement compétitive.
Dans un entretien accordé au site Médias24, le suisse Synhelion indique préparer à Tan Tan une usine de carburants de synthèse d’une capacité annoncée de 100 000 tonnes par an. L’entreprise a signé un protocole d’accord avec le gouvernement marocain, réservé un terrain et créé une implantation locale. Elle travaille encore sur les autorisations environnementales, préalable à des accords définitifs, ainsi que sur les études nécessaires au projet.
Le choix de Tan Tan repose sur la combinaison de ressources solaires et éoliennes jugées parmi les plus favorables au monde. Le procédé de Synhelion utilise de la chaleur solaire à haute température pour fabriquer des carburants renouvelables compatibles avec des usages existants, l’aviation constituant le principal débouché commercial visé.
Mais quid du prix final, de l’eau mobilisée, de l’origine de l’électricité auxiliaire et de la part de valeur conservée au Maroc ? Une capacité de 100 000 tonnes peut installer un savoir-faire rare, mais elle ne garantit ni un carburant abordable ni un bénéfice territorial automatique. Les contrats, les emplois qualifiés, les achats locaux et le bilan carbone complet devront être lisibles.
Pour rappel, le projet avait été annoncé en septembre 2026. La nouvelle étape ne correspond donc pas encore à une mise en production : elle confirme l’avancement administratif et industriel d’un investissement dont la viabilité dépendra des autorisations, du financement et d’accords d’achat à long terme.


