Un administrateur est-il indépendant parce qu’il possède un certificat, ou parce qu’il sait résister lorsque les intérêts du dirigeant, de l’actionnaire et des autres parties prenantes divergent ? La formation est indispensable, mais la gouvernance se juge surtout dans les votes, les alertes et la transparence.
EcoActu rapporte que l’Ordre des experts-comptables, par l’intermédiaire de son institut de formation, a certifié 33 nouveaux administrateurs indépendants au terme de la quatrième édition d’un cycle organisé avec l’Institut belge des conseillers fiscaux et des experts-comptables. Depuis le lancement du programme en 2022, 124 experts-comptables ont suivi cette formation.
Le cursus, réparti sur cinq journées, couvre la gouvernance, la gestion des risques, la responsabilité sociétale, les critères ESG et les particularités des entreprises familiales, des sociétés faisant appel public à l’épargne et des établissements publics. Ce contenu répond à un besoin réel : l’administrateur indépendant doit comprendre les comptes, mais aussi les risques sociaux, environnementaux et réputationnels qui n’apparaissent pas toujours immédiatement dans le résultat financier.
Mais quid de l’accès effectif de ces profils aux conseils, de la diversité des candidatures et de la publication des critères d’indépendance ? Sans procédure de sélection ouverte, moyens d’information et capacité à exprimer un désaccord, le titre peut rester formel. La création de valeur durable suppose aussi que les administrateurs demandent des indicateurs vérifiables et suivent les engagements annoncés.
Pour rappel, la montée des exigences ESG et du reporting extra-financier élargit depuis plusieurs années le rôle des conseils d’administration. Le défi n’est plus seulement de certifier des compétences, mais d’en faire un contre-pouvoir utile à l’entreprise, à ses salariés, à ses clients et, lorsqu’il s’agit d’un organisme public, au contribuable.


