Les actionnaires du groupe chinois Gotion High-Tech ont approuvé un partenariat industriel avec Volkswagen et sa filiale PowerCo, comprenant la construction à Kénitra d’une usine de matériaux de cathode pour batteries lithium-fer-phosphate (LFP). Évalué à 480 millions d’euros, soit environ 5,2 milliards de dirhams, le projet prévoit une capacité annuelle de 100.000 tonnes et doit approvisionner prioritairement les usines européennes des deux partenaires.
Le projet marocain de Gotion High-Tech franchit une nouvelle étape dans sa concrétisation. Réunis le 20 octobre 2026 à Hefei, en Chine, les actionnaires du fabricant de batteries ont approuvé l’accord d’investissement conclu avec Volkswagen et PowerCo.
Selon les documents boursiers examinés par Barlamane, la résolution a recueilli 93,14% des suffrages pris en compte, contre 4,20% de votes défavorables et 2,66% d’abstentions.
Volkswagen China, déjà actionnaire de Gotion, n’a pas participé au vote de cette résolution en raison de sa qualité de partie liée.
Cette approbation constitue une étape importante pour le projet industriel de Kénitra, même si sa réalisation demeure soumise aux autorisations et formalités réglementaires nécessaires.
Une usine de 100.000 tonnes de matériaux de cathode par an
Le projet prévoit la création d’une société commune détenue à 51% par Gotion Power Africa et à 49% par PowerCo, à travers sa filiale luxembourgeoise Power Holdco Lux.
L’investissement prévisionnel s’élève à 480 millions d’euros, pour une capacité de production de 100.000 tonnes annuelles de matériaux actifs de cathode.
Ces composants entrent dans la fabrication des batteries lithium-fer-phosphate, une technologie qui gagne du terrain dans l’industrie automobile électrique, notamment en raison de son coût et de l’absence de nickel et de cobalt dans sa composition.
La durée de construction annoncée peut atteindre cinq ans, en fonction de l’avancement des travaux et des autorisations requises.
La société Gotion Power Africa, créée à Rabat en août 2026, doit servir de véhicule à cette implantation industrielle.
Le Maroc intégré à une chaîne de production européenne
L’usine de Kénitra s’inscrit dans un partenariat industriel plus large entre Gotion et Volkswagen, représentant 3,22 milliards d’euros d’investissements prévisionnels répartis entre trois pays.
Outre le site marocain, l’accord comprend une usine de cellules de batteries à Šurany, en Slovaquie, d’une capacité de 8,4 GWh par an, pour 480 millions d’euros.
En Espagne, à Valence, un autre projet prévoit une capacité de 29,1 GWh et un investissement estimé à 2,26 milliards d’euros.
La répartition industrielle confère au Maroc un rôle spécifique : le site de Kénitra doit produire les matériaux de cathode destinés à alimenter prioritairement les deux unités européennes.
Le Royaume serait ainsi intégré à une chaîne de valeur reliant la fabrication des matériaux actifs à celle des cellules de batteries utilisées dans les véhicules électriques.
Les volumes d’approvisionnement et les engagements commerciaux définitifs doivent encore être précisés dans les contrats entre partenaires.
Volkswagen renforce sa présence dans le projet marocain
L’entrée de PowerCo au capital de la future unité de cathodes marque une nouvelle étape dans les relations entre Volkswagen et Gotion.
Le constructeur allemand est déjà un actionnaire important du fabricant chinois de batteries. Leur coopération industrielle vise notamment à sécuriser les approvisionnements nécessaires au développement des véhicules électriques.
Le montage retenu à Kénitra laisse le contrôle majoritaire de l’entité marocaine à Gotion, tandis que PowerCo apporte son implication industrielle et son positionnement au sein du groupe Volkswagen.
Les investissements annoncés seront financés par des apports en fonds propres et d’autres ressources mobilisées par les sociétés concernées.
Le phosphate marocain au cœur de la filière LFP
Le choix de Kénitra présente également un intérêt industriel lié au développement de la technologie lithium-fer-phosphate.
Cette chimie utilise notamment du phosphate, ressource dont le Maroc possède des réserves particulièrement importantes.
Le développement d’une industrie locale des matériaux de cathode pourrait ainsi contribuer à renforcer la position du Royaume dans la chaîne internationale de fabrication des batteries.
Le projet intervient alors que le Maroc cherche à élargir son industrie automobile au-delà de l’assemblage des véhicules et de la fabrication de composants traditionnels.
L’implantation de nouveaux acteurs spécialisés dans les matériaux, les cellules et les équipements pour batteries participe à la constitution progressive d’un écosystème industriel dédié à la mobilité électrique.
Source: Barlamane


