Le programme gouvernemental combine dessalement, barrages, transferts entre bassins, économies d’irrigation et contrôle des prélèvements souterrains.
La sécurité hydrique ne repose plus sur un seul type d’infrastructure. Le programme gouvernemental associe désormais production de nouvelles ressources, renforcement du stockage, transferts entre bassins et réduction de la demande. Cette combinaison traduit la nécessité d’agir à la fois sur l’offre disponible et sur la manière dont l’eau est consommée.
Le programme prévoit environ 400 ouvrages hydrauliques, entre petits barrages, barrages collinaires et dispositifs de collecte des eaux pluviales. Il annonce également six nouvelles stations de dessalement, en plus des projets récemment lancés, avec un objectif de mobilisation de 1,8 milliard de mètres cubes à l’horizon 2031. La deuxième tranche du transfert entre le bassin du Bouregreg et celui de l’Oum Er-Rbia doit acheminer de l’eau vers le barrage Al Massira.
L’effort concerne aussi les grands barrages. Quatorze projets de construction ou de surélévation représentent plus de 29 milliards de dirhams d’investissement et une capacité prévisionnelle de 5,038 milliards de mètres cubes. Neuf grands barrages ont déjà été réalisés pour une capacité globale de deux milliards de mètres cubes. Entre 2022 et 2027, 155 petits barrages sont programmés pour près de 6,2 milliards de dirhams.
Le programme ne se limite pas au béton. Il prévoit des règles plus strictes pour contrôler les volumes prélevés dans les nappes, la recharge artificielle des ressources souterraines et une accélération de la réutilisation des eaux usées traitées. Dans l’agriculture, 350.000 hectares supplémentaires doivent être concernés par l’irrigation économe, ce qui porterait la superficie équipée à environ 1,2 million d’hectares, soit près de 70 % des surfaces irriguées.
Les réserves des barrages dépassaient 11,1 milliards de mètres cubes début octobre 2026, avec un taux de remplissage de 65,7 %, contre 32,1 % un an auparavant. Cette amélioration offre un répit, mais elle ne supprime pas les fragilités structurelles. La valeur ajoutée produite par mètre cube, la protection des nappes et la maintenance des réseaux resteront aussi décisives que la capacité installée.
Le volet rural prévoit enfin l’alimentation des douars non raccordés, la réparation des points d’eau, près de 1.000 points destinés aux zones pastorales et la généralisation de l’eau potable et de sanitaires adaptés dans les établissements scolaires d’ici 2031.


