L’autoproduction solaire devient un outil de maîtrise des charges pour les entreprises marocaines. Sans stockage, une installation industrielle peut être amortie en trois à quatre ans lorsque son dimensionnement correspond au profil de consommation.
Longtemps associée à la seule responsabilité environnementale, l’autoproduction photovoltaïque est désormais présentée comme un moyen de réduire les coûts d’exploitation et de mieux maîtriser l’exposition des entreprises à la volatilité des prix de l’électricité.
L’investissement est particulièrement adapté aux industriels, aux grandes surfaces, aux hôtels et aux plateformes logistiques, dont la consommation électrique est élevée pendant la journée. La rentabilité dépend toutefois du profil de consommation et de la capacité à utiliser la production au moment où elle est générée.
Pour une centrale industrielle sans stockage, le coût moyen se situe entre 4.000 et 5.500 dirhams par kilowatt-crête installé. Les installations résidentielles ou de plus petite taille coûtent entre 6.000 et 7.500 dirhams par kilowatt-crête. En autoconsommation directe, le délai de retour sur investissement est généralement estimé entre trois et quatre ans.
L’ajout de batteries modifie sensiblement l’équation. Les coûts d’importation peuvent porter l’amortissement à six, voire huit ans. Une étude de faisabilité préalable est donc jugée nécessaire pour déterminer si le stockage répond réellement aux besoins techniques et économiques du site.
Pour les PME, le principal obstacle reste le financement initial et la préservation de la trésorerie. Les solutions évoquées comprennent des prêts verts, des garanties publiques et le tiers-investissement. Les entreprises attendent aussi une simplification des procédures liées à la loi 82-21 sur l’autoproduction ainsi qu’une clarification des coûts d’accès et des capacités d’accueil du réseau.
Pour rappel, l’intérêt du solaire dépasse désormais la facture électrique. Les entreprises exportatrices doivent aussi répondre aux exigences de décarbonation et de traçabilité imposées par certains donneurs d’ordre internationaux. Le coût, le délai d’amortissement et l’empreinte carbone deviennent ainsi trois dimensions d’une même décision d’investissement.
Avec Challenge


