Le Maroc appartient au trio qui concentre l’essentiel de l’éolien africain. Le prochain défi n’est plus seulement d’ajouter des mégawatts, mais de transformer cette avance en sécurité énergétique et en valeur locale.
Avec 2,2 gigawatts de capacité éolienne installée, le Maroc occupe le troisième rang continental, derrière l’Afrique du Sud à 4,2 GW et l’Égypte à 3,2 GW. À eux trois, ces marchés concentrent plus de 85% de la puissance éolienne en service sur le continent.
Dans un article signé Mohamed Arhrib, L’Opinion relaie les données du Conseil mondial de l’énergie éolienne. Le rapport évalue la capacité africaine à 11,1 GW fin 2025, après l’installation de 1,53 GW supplémentaires au cours de l’année. Le portefeuille de projets atteint 186 GW répartis entre 259 projets.
L’écart avec le potentiel reste immense. Le GWEC estime à 58.400 GW le potentiel technique de l’éolien terrestre africain, dont moins de 0,02% est aujourd’hui exploité. L’Afrique pourrait atteindre entre 30 et 50 GW installés d’ici 2035, à condition que les projets annoncés deviennent des infrastructures raccordées et productives.
Pour le Maroc, le changement d’échelle soulève plusieurs questions concrètes: le réseau peut-il absorber les nouvelles capacités? Quelle part des équipements, emplois et contrats restera dans l’économie nationale? Et comment cette production contribuera-t-elle à stabiliser le coût de l’électricité pour les ménages et les entreprises?
Le rapport souligne aussi la montée des contrats directs d’achat d’électricité par les entreprises. Ce mécanisme peut accélérer l’investissement, mais il impose de préserver l’équilibre du réseau et d’éviter que les coûts communs ne soient reportés sur les usagers qui n’ont pas accès à ces contrats.
Pour rappel, le Maroc développe l’éolien depuis plusieurs décennies et dispose déjà de grands parcs, notamment à Tarfaya. Le rang continental constitue donc un acquis; l’étape suivante sera de mesurer la disponibilité réelle des installations, les investissements de réseau et l’effet de cette capacité sur la facture énergétique nationale.


