L’énergie solaire s’impose progressivement comme une solution centrale pour le secteur agricole au Maroc, dans un contexte de transition énergétique et de tensions sur les ressources conventionnelles. Les pouvoirs publics mettent en avant une approche combinant efficacité énergétique, gestion de l’eau et renforcement de la sécurité d’approvisionnement.
Dans le secteur agricole, cette dynamique se traduit par le déploiement de systèmes solaires destinés à réduire la dépendance au gaz butane et à optimiser les coûts d’exploitation. Plus de 56.000 installations ont déjà été mises en service à l’échelle nationale. Pour une exploitation moyenne, le coût d’investissement est estimé à environ 140.000 dirhams, avec des économies annuelles proches de 40.000 dirhams, permettant un amortissement en moins de trois ans.
Cette évolution s’appuie également sur un cadre réglementaire en cours de consolidation, notamment à travers la mise en œuvre de dispositifs liés à l’autoproduction d’électricité. Ces mécanismes permettent aux agriculteurs de couvrir une partie de leurs besoins énergétiques et, dans certains cas, d’injecter le surplus dans le réseau national.
Parallèlement à la transition dans l’agriculture, la question de la sécurité énergétique globale occupe une place centrale dans la stratégie nationale. Les autorités travaillent au renforcement des capacités de stockage des carburants, dans un contexte marqué par des incertitudes géopolitiques et des tensions sur les chaînes d’approvisionnement.
Les capacités de stockage atteignent déjà plusieurs millions de mètres cubes, avec une feuille de route visant une augmentation significative à l’horizon 2030. De nouveaux investissements sont programmés afin d’élargir ces infrastructures et de renforcer la résilience du système énergétique.
Une partie des efforts porte également sur la mobilisation et l’optimisation des infrastructures existantes, ainsi que sur la création de nouvelles capacités, notamment pour les produits énergétiques les plus sensibles comme le gaz butane et le kérosène.
Un autre axe concerne la répartition territoriale des capacités de stockage, actuellement concentrées sur certaines régions du pays. Des projets sont engagés pour rééquilibrer cette distribution et renforcer des pôles stratégiques liés aux infrastructures portuaires et énergétiques.
Enfin, une réforme du cadre réglementaire accompagne cette transformation, avec la modernisation des procédures administratives et la numérisation progressive des services liés au secteur minier et énergétique. Cette évolution vise à simplifier les démarches et à améliorer l’efficacité de gestion des ressources stratégiques.
Avec L’Economiste


