Le système électrique marocain entre dans une phase d’évolution majeure, portée par l’augmentation rapide des énergies renouvelables dans le mix national, désormais proche de 47%. Dans ce contexte, le pays engage un programme structurant visant à renforcer la stabilité du réseau tout en poursuivant la transition énergétique.
Cette dynamique a été au centre d’une rencontre organisée à Marrakech par l’ONEE et la Fédération de l’énergie, réunissant les principaux acteurs du secteur autour des enjeux liés à l’intégration massive du solaire et de l’éolien. L’objectif principal consiste à accompagner la montée en puissance des capacités renouvelables sans fragiliser l’équilibre du système électrique.
Pour répondre à ce défi, les autorités misent sur un ensemble d’investissements structurants estimés à plus de 180 milliards de dirhams à l’horizon 2030, avec une stratégie articulée autour de plusieurs leviers complémentaires.
Le premier axe concerne le stockage de l’énergie, considéré comme un élément central du futur système. Le programme prévoit plus de 3.500 MW de capacité de stockage, combinant stations de transfert d’énergie par pompage, solutions thermiques et systèmes de batteries. Ces dispositifs doivent permettre d’absorber les variations de production des énergies renouvelables et de stabiliser le réseau.
Un deuxième volet porte sur le développement de capacités flexibles à base de gaz naturel, avec environ 4.500 MW destinés à couvrir les périodes de forte demande ou de baisse de production renouvelable. Cette flexibilité est présentée comme un complément indispensable au développement des sources intermittentes.
Le renforcement du réseau constitue un troisième pilier stratégique, avec la construction prévue de plus de 6.000 km de lignes à très haute tension. Ces infrastructures doivent améliorer le transport de l’électricité depuis les zones de production vers les centres de consommation, tout en intégrant de nouvelles technologies de transmission.
Enfin, la digitalisation du système électrique est identifiée comme un levier transversal, permettant une gestion plus fine et en temps réel des flux d’énergie à l’échelle nationale.
Au-delà des aspects techniques, cette transformation repose également sur une logique de coopération entre acteurs publics et privés. L’enjeu consiste à accompagner la transition énergétique tout en garantissant la sécurité d’approvisionnement et en renforçant la souveraineté énergétique du pays.
Avec Le Matin


