La consommation d’électricité au Maroc a poursuivi sa trajectoire ascendante en 2025, franchissant le seuil des 48,2 térawattheures, contre 44,9 térawattheures l’année précédente. Cette évolution, correspondant à une hausse de 7,35 %, ressort des dernières données compilées par le centre de recherche Ember, spécialisé dans les questions énergétiques.
Dans ce contexte de demande soutenue, la structure de production reste largement adossée aux énergies fossiles. Celles-ci représentent encore 76 % du mix électrique national, un niveau légèrement supérieur à celui de 2024. Les sources considérées comme bas-carbone se maintiennent autour de 24 %, en léger retrait par rapport à l’exercice précédent.
Le charbon continue d’occuper une position centrale dans l’architecture énergétique du pays. Sa contribution s’établit à 61,5 % en 2025, contre 61,8 % un an plus tôt. Malgré ce recul marginal en part relative, la production issue de cette source a progressé en volume, passant de 26,2 à 27,4 térawattheures, sous l’effet direct de la hausse globale de la demande.
Dans le même temps, le gaz naturel confirme une dynamique de reprise engagée depuis trois ans. Sa part atteint 10,9 %, contre 10,2 % en 2024, retrouvant ainsi un niveau comparable à celui d’avant 2019. Cette remontée intervient après un point bas enregistré en 2022, consécutif à la fermeture du gazoduc Maghreb-Europe. Depuis, l’approvisionnement repose sur des importations internationales transitant par l’Espagne, lesquelles ont atteint 10,375 térawattheures en 2025, contre 9,703 térawattheures un an plus tôt.
Le pétrole, de son côté, conserve un rôle marginal dans le système électrique, avec une part stable autour de 3,6 %.
Du côté des énergies bas-carbone, l’ensemble affiche une légère contraction en part relative. L’éolien, bien qu’en progression en volume avec 7,14 térawattheures contre 7,09 un an auparavant, voit sa contribution reculer à 16 %, contre 16,7 % en 2024, en raison d’une croissance plus rapide de la demande totale.
L’énergie solaire poursuit en revanche sa progression et atteint 5,8 % du mix électrique, son niveau le plus élevé à ce jour. L’hydroélectricité consolide également sa reprise, passant de 1,91 % à 2,04 %. La biomasse demeure inchangée à 0,1 %.
Dans l’ensemble, les données d’Ember dressent le portrait d’un système électrique où la dépendance aux combustibles fossiles reste structurellement élevée, malgré une montée continue des capacités renouvelables, portées à 4,851 gigawatts, soit une augmentation de 192 mégawatts sur un an. Elles confirment également une dynamique contrastée : recul relatif de certaines sources renouvelables sous l’effet de la demande, progression du solaire, et maintien du charbon comme pivot central du mix énergétique national.
Avec Barlamane


