Face aux tensions énergétiques mondiales, le Maroc mise sur les énergies bas carbone pour sécuriser son approvisionnement et renforcer la compétitivité de son industrie, dans un contexte marqué par de nouvelles exigences climatiques internationales.
Lors du Forum international des énergies, les acteurs du secteur ont souligné le rôle stratégique de la transition énergétique. Hanane Belyagou a insisté sur les atouts du Royaume, notamment un fort ensoleillement et une position géographique clé, permettant de faire de l’énergie un levier direct d’accès aux marchés internationaux. Avec l’entrée en vigueur du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne en 2026, la décarbonation devient un passage obligé pour les exportateurs.
Le Maroc vise plus de 52% d’énergies renouvelables dans son mix énergétique d’ici 2027. Mais Hicham Bouzekri rappelle l’écart entre capacité installée et consommation réelle, estimant que le chemin reste important pour atteindre ces objectifs, d’autant que la demande électrique progresse de 6 à 7% par an.
La baisse des coûts du solaire et de l’éolien, désormais plus compétitifs, renforce cette dynamique. Les solutions de stockage se développent également pour pallier l’intermittence, soutenues par la loi 82-21, qui autorise les industriels à produire et stocker leur propre énergie.
Dans cette logique, des projets structurants voient le jour, comme l’Autoroute électrique Sud-Centre, destinée à relier les provinces du Sud au reste du pays à l’horizon 2030. L’objectif est aussi de positionner le Maroc comme un hub énergétique régional, connecté à l’Europe et à l’Afrique.
Les intervenants alertent toutefois sur un risque de dépendance technologique, appelant à développer des filières industrielles locales autour des équipements, du stockage et de l’hydrogène vert.
Sur le plan réglementaire, le cadre est renforcé par la loi 13-09 et la loi 82-21, tandis que la mise en place d’un registre national des certificats d’origine verte doit permettre aux entreprises de valoriser leur production décarbonée et de limiter l’impact des nouvelles taxes carbone.
Au croisement des enjeux énergétiques, industriels et commerciaux, la transition vers les renouvelables s’impose ainsi comme un levier central de souveraineté et de compétitivité pour le Maroc.
Avec Challenge


