Après plus de sept années consécutives de déficit hydrique, le Maroc enregistre une amélioration notable de sa situation en matière de ressources en eau. Les précipitations abondantes observées ces derniers mois, combinées à une fonte significative des neiges, ont permis une reconstitution importante des réserves hydriques nationales, offrant au pays un répit précieux après une période marquée par une forte tension sur l’eau.

Selon les données relayées par le quotidien Assabah, le taux de remplissage global des barrages a atteint environ 38 %, enregistrant une hausse de 33 points par rapport à la même période de l’année précédente. Les réserves d’eau mobilisées s’élèvent désormais à près de 7 milliards de mètres cubes, contre environ 4,8 milliards un an plus tôt. Les apports cumulés en eau ont atteint, à la fin du mois de décembre, plus de 1,58 milliard de mètres cubes, contribuant à une amélioration sensible des niveaux dans la majorité des bassins hydrauliques du Royaume.

Cette évolution marque un tournant après une longue période de sécheresse prolongée qui avait lourdement affecté les ressources en eau, l’agriculture et l’élevage. Les précipitations ont concerné l’ensemble du territoire national, tandis que les chutes de neige ont été particulièrement importantes dans les zones montagneuses, notamment dans le Moyen et le Haut Atlas. Ces apports neigeux devraient alimenter durablement les sources et les oueds, tout en redonnant vie aux pâturages, essentiels pour les activités pastorales.

La situation est particulièrement notable dans plusieurs grands bassins hydrauliques. Le bassin du Sebou, le plus important du pays, affiche un volume de près de 2,6 milliards de mètres cubes, représentant à lui seul environ 40 % des ressources hydriques nationales, avec un taux de remplissage largement supérieur à sa capacité nominale. Le bassin du Loukkos enregistre également une amélioration significative, avec plus d’un milliard de mètres cubes stockés et un taux de remplissage dépassant 56 %. Le bassin du Bouregreg atteint près de 87 % de remplissage, tandis que celui d’Oum Er-Rbia, durement touché ces dernières années, retrouve progressivement des niveaux plus rassurants.

Cette reconstitution des réserves offre au Maroc une marge de manœuvre stratégique dans la conduite de ses politiques de gestion de l’eau. Elle permet notamment d’aborder avec davantage de sérénité les projets structurants en cours ou programmés, tels que le développement des stations de dessalement, la modernisation des réseaux hydrauliques et la construction de nouveaux barrages.

Si ce répit hydrique constitue une opportunité, les autorités restent appelées à poursuivre les efforts en matière de rationalisation de l’usage de l’eau et de préservation des écosystèmes. Dans un contexte de changement climatique et de croissance des besoins, cette amélioration, bien que significative, est perçue comme une fenêtre favorable pour renforcer la résilience hydrique du pays et consolider sa sécurité alimentaire à moyen et long termes.

Avec Assabah

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