Le durcissement du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne pourrait générer un surcoût annuel compris entre 376 et 572 millions d’euros pour les exportations marocaines dès 2026-2027.
Le Parlement européen s’est prononcé, le 15 septembre à Strasbourg, pour la suppression de la clause de « frein d’urgence » applicable aux engrais et pour l’extension du mécanisme à plusieurs centaines de produits transformés contenant de l’acier ou de l’aluminium.
Les engrais concentreraient 95 % du surcoût
Selon une estimation de l’expert en finance durable Mohamed Boiti, le coût représenterait entre 0,3 et 0,4 % du PIB marocain. Les engrais azotés concentreraient 95 % de la charge, estimée entre 130 et 200 euros par tonne pour environ 2,8 millions de tonnes exportées vers l’Europe.
Cette charge pourrait réduire de 15 à 25 % la compétitivité des produits concernés. L’enjeu est particulièrement important pour OCP, qui réalise 22 % de son chiffre d’affaires avec les pays de l’Union européenne.
Le périmètre pourrait atteindre 457 produits
La position adoptée par la commission compétente du Parlement européen porterait à 457 le nombre de produits assujettis, contre 180 dans la proposition de la Commission européenne. Les biens concernés comprennent notamment des fixations, des fils, des ressorts et des articles ménagers contenant en moyenne 79 % d’acier ou d’aluminium.
Le texte prévoit également de couvrir les transformations légères réalisées avant l’entrée des marchandises sur le marché européen et d’abaisser de 150 à 50 kilotonnes d’équivalent CO₂ le seuil d’inclusion des produits.
Pour l’aluminium marocain, le surcoût avait été estimé à 609 euros par tonne, soit entre 25 et 30 % du prix de vente. Les donneurs d’ordre européens des secteurs automobile et textile demandent désormais à leurs fournisseurs marocains des informations précises sur l’empreinte carbone des composants et l’origine de l’électricité utilisée.
Un texte définitif attendu après les négociations
La position du Parlement doit encore être négociée avec le Conseil de l’Union européenne et la Commission européenne. Les institutions européennes espèrent parvenir à un texte définitif avant la fin de l’année.
Les importateurs doivent rassembler leurs données d’émissions en 2026 et déposer leur première déclaration annuelle avant le 30 septembre 2027. La Confédération marocaine des exportateurs a appelé les entreprises nationales à se préparer aux nouvelles exigences européennes.
Avec Barlamane




