Le Maroc pourrait franchir une nouvelle étape dans sa stratégie climatique. Dans un avis publié au Bulletin officiel, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) recommande la mise en place progressive d’une tarification du carbone, destinée à accélérer la décarbonation de l’économie tout en préparant les entreprises marocaines aux nouvelles exigences des marchés internationaux.

L’institution préconise une taxe carbone comprise entre 5 et 10 dollars par tonne de CO₂, dans un premier temps appliquée aux secteurs les plus exposés au Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) de l’Union européenne, notamment le ciment, l’acier, l’aluminium, les engrais, l’hydrogène et l’électricité.

Selon les estimations de l’Administration des douanes, ce dispositif pourrait générer entre 2,7 et 3 milliards de dirhams de recettes par an. Le CESE recommande qu’une partie de ces ressources soit affectée à un fonds dédié à l’accompagnement des PME industrielles afin de financer leurs investissements de décarbonation, leurs bilans carbone et leur accès à une énergie plus propre.

À moyen terme, le Conseil propose également la création d’un marché marocain d’échange de quotas carbone, inspiré des dispositifs européens, ainsi qu’un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières pour préserver la compétitivité des entreprises nationales face aux importations fortement émettrices de CO₂.

Pour le CESE, cette transition nécessitera également la mise en place d’un système national de mesure, de vérification et de certification des émissions, le renforcement de l’accès des industriels aux énergies renouvelables, ainsi que le développement de nouvelles filières liées au captage et à la valorisation du carbone.

L’avis intervient alors que le mécanisme carbone européen entre progressivement dans sa phase opérationnelle. Si les secteurs actuellement concernés ne représentent encore qu’une faible part des exportations marocaines vers l’Union européenne, le CESE estime que l’extension progressive du dispositif européen rend indispensable l’anticipation de cette nouvelle donne pour préserver la compétitivité du Made in Morocco et accélérer la transition vers une économie bas carbone.

Avec Barlamane

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