Le Maroc s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa transition écologique avec la finalisation, d’ici la fin de l’année, de sa stratégie nationale dédiée à l’économie circulaire. Pilotée par l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), en partenariat avec l’Union européenne et le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, cette feuille de route doit poser les bases d’un modèle économique davantage fondé sur la valorisation des ressources, le recyclage et la réduction des déchets.

Ce projet s’inscrit dans le programme international « SWITCH to Circular Economy Value Chains », cofinancé par l’Union européenne et la Finlande. Son ambition est d’accompagner le Royaume dans la transition vers une économie plus durable, en favorisant une production et une consommation plus responsables, tout en réduisant la dépendance aux ressources naturelles.

Parmi les premières initiatives figure une étude consacrée au recyclage des batteries automobiles, présentée récemment par l’ONUDI-Maroc. Cette filière est considérée comme stratégique en raison de son lien avec le développement des véhicules électriques, la gestion des métaux critiques, la décarbonation de l’industrie et l’émergence des gigafactories au Maroc. Les enseignements de ce projet pilote viendront alimenter la future stratégie nationale.

L’élaboration de cette feuille de route reposera sur plusieurs étapes. Après un diagnostic des pratiques existantes et un benchmark international, des consultations réuniront les administrations, les entreprises, les collectivités territoriales et la société civile afin d’identifier les secteurs prioritaires et de définir les objectifs de la transition. Le dispositif sera complété par des mécanismes de financement, un cadre institutionnel adapté et des outils de suivi permettant d’évaluer les résultats obtenus.

L’objectif est de favoriser le passage d’un modèle économique linéaire, fondé sur l’extraction, la consommation et l’élimination des ressources, à une économie circulaire privilégiant la réparation, le réemploi, le partage et le recyclage.

Au-delà des bénéfices environnementaux, cette transition est également présentée comme un levier de développement économique. Elle devrait contribuer à la création d’emplois dans les activités de collecte, de réparation et de valorisation des déchets, stimuler l’innovation au sein des entreprises et renforcer la souveraineté industrielle du Maroc en réduisant sa dépendance aux importations de matières premières stratégiques.

Avec L’Economiste

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