Le Maroc franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transition écologique avec le lancement, à Rabat, du projet « Élimination des produits chimiques dangereux de la chaîne d’approvisionnement du secteur de la construction au Maroc ». Cette initiative vise à accélérer la transformation durable d’un secteur considéré parmi les plus énergivores et les plus exposés aux enjeux environnementaux.
Porté par l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI) et mis en œuvre par l’Agence Marocaine pour l’Efficacité Énergétique (AMEE), avec le soutien financier du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), le projet ambitionne de promouvoir une nouvelle génération de matériaux et de pratiques de construction plus respectueux de l’environnement.
L’objectif est notamment de remplacer progressivement les produits chimiques et matériaux dangereux utilisés dans le bâtiment par des alternatives plus durables, tout en encourageant les approches d’économie circulaire et les modèles de conception régénérative sur l’ensemble de la chaîne de valeur.
Piloté par le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, le programme prévoit également le renforcement du cadre réglementaire et normatif lié à la sécurité chimique dans les matériaux de construction. Il mise aussi sur l’intégration des méthodes d’Analyse du Cycle de Vie (ACV) afin de mieux mesurer l’impact environnemental des produits et des infrastructures.
Le projet entend parallèlement promouvoir l’usage de matériaux à faible empreinte carbone, développer des mécanismes de certification environnementale et sanitaire, renforcer les capacités des laboratoires et des institutions publiques, tout en soutenant des projets pilotes et des campagnes de sensibilisation.
Lors de l’atelier de lancement, le secrétaire général du ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, Bouzekri Razi, a souligné que cette initiative dépasse la seule dimension technique. Selon lui, elle porte une ambition liée à la qualité de vie, à la protection de la santé des travailleurs et des citoyens, ainsi qu’à la construction d’un modèle de développement plus durable.
Il a rappelé que le Maroc a progressivement intégré les enjeux liés à la gestion des produits chimiques dans ses politiques publiques environnementales, notamment à travers la Stratégie Nationale de Développement Durable (SNDD) et les orientations en faveur d’une économie verte et circulaire.
De son côté, le directeur général de l’AMEE, Mohamed Benyahya, a rappelé que les matériaux de construction représentent à eux seuls près de 42% de la consommation énergétique de l’industrie nationale. Une réalité qui impose, selon lui, une transformation profonde des modes de production et de consommation dans le secteur du bâtiment.
Le projet mise ainsi sur une approche globale combinant innovation, renforcement réglementaire, accompagnement des professionnels et développement de solutions pilotes capables d’accélérer la transition vers une construction plus résiliente et plus compétitive.
La représentante de l’ONUDI au Maroc, Sanae Lahlou, a pour sa part insisté sur l’impact climatique du secteur de la construction, responsable d’environ 30% des émissions mondiales de CO₂. Elle a estimé que la durabilité dans le bâtiment constitue désormais un enjeu non seulement environnemental, mais également industriel et économique pour le Maroc.
À travers ce projet, les autorités cherchent à faire émerger un écosystème de construction plus sobre, moins polluant et mieux aligné avec les engagements climatiques du Royaume, tout en renforçant la compétitivité du secteur sur le long terme.




