La ville de Casablanca s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la gestion de la propreté urbaine avec la mise en service prochaine de sa police de l’hygiène. À l’issue de la période transitoire du nouveau cahier des charges de la gestion déléguée des déchets, les autorités entendent renforcer les contrôles contre les dépôts sauvages et mieux encadrer l’activité des récupérateurs informels de matériaux recyclables.

Selon les estimations de la commune, près de 700 chiffonniers exercent actuellement de manière informelle dans la métropole. Actifs principalement durant la nuit et au petit matin, ils récupèrent plastique, carton, verre ou autres matériaux valorisables directement dans les bennes à ordures, une pratique qui complique le travail des équipes de nettoyage et génère des nuisances sur la voie publique.

Pour la mairie, le défi est à la fois social, économique et environnemental. Les récupérateurs travaillent dans des conditions précaires, en dehors de tout cadre légal, tandis que le tri informel provoque la dispersion des déchets et dégrade la propreté des espaces publics.

Dans le cadre des nouveaux contrats de gestion déléguée, la commune a demandé aux sociétés attributaires d’intégrer une partie de ces récupérateurs au sein de leurs effectifs. D’autres solutions, comme la création de coopératives, d’associations ou l’adoption du statut d’autoentrepreneur, ont également été proposées. Jusqu’à présent, ces dispositifs ont toutefois rencontré une adhésion limitée.

Face à cette situation, la ville envisage désormais un renforcement du volet répressif à travers la future police de l’hygiène. Celle-ci sera chargée de contrôler le respect des horaires et des lieux de dépôt des déchets, mais aussi de sanctionner les infractions par des amendes.

À l’approche des grandes échéances internationales, notamment la Coupe du monde 2030, Casablanca cherche ainsi à moderniser durablement son système de gestion des déchets, en conciliant amélioration de la propreté urbaine, valorisation du recyclage et meilleure intégration des acteurs du secteur informel.

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