Comment construire des villes plus résilientes, plus intelligentes et moins gourmandes en ressources ? Cette question a été au cœur de la troisième édition du Congrès international « Bâtiments et villes durables » (BVD’2026), organisée à Fès avec la participation de chercheurs, universitaires et experts venus du Maroc et de l’étranger.
Initiée par l’Université Privée de Fès, en partenariat avec l’Université Sidi Mohammed Ben Abdellah et l’Université Moulay Ismaïl de Meknès, cette rencontre scientifique a permis d’explorer les grandes mutations qui redessinent aujourd’hui les territoires : transition énergétique, mobilité durable, intelligence artificielle, cybersécurité, villes intelligentes ou encore gestion durable des ressources.
Les intervenants ont souligné que les enjeux de durabilité ne constituent plus un choix, mais une nécessité face aux défis climatiques, énergétiques et sociaux auxquels sont confrontées les villes du monde entier. Dans ce contexte, les nouvelles technologies apparaissent comme des outils essentiels pour améliorer la gestion des infrastructures, optimiser la consommation énergétique et renforcer la qualité de vie des citoyens.
L’intelligence artificielle a notamment occupé une place importante dans les débats. Ses applications concernent aussi bien la gestion énergétique des bâtiments que la mobilité urbaine, la planification territoriale ou encore la maintenance prédictive des équipements publics. Les experts estiment que ces technologies pourraient jouer un rôle déterminant dans l’émergence de villes plus efficaces et plus résilientes.
La deuxième journée du congrès a particulièrement mis l’accent sur la mobilité urbaine durable et les Smart Cities. Les discussions ont porté sur les défis liés au transport collectif dans les grandes agglomérations, notamment l’amélioration des réseaux ferroviaires périurbains afin de répondre à une urbanisation toujours plus rapide. Les participants ont souligné que la qualité des déplacements constitue aujourd’hui l’un des principaux critères de durabilité des métropoles modernes.
Les technologies quantiques ont également suscité un vif intérêt. Présentées comme l’un des moteurs de la prochaine révolution numérique, elles pourraient transformer la gestion des données urbaines, renforcer la cybersécurité et optimiser le fonctionnement des infrastructures intelligentes. Ces avancées ouvrent des perspectives inédites, tout en soulevant de nouveaux défis en matière de protection des systèmes d’information.
Parmi les autres thématiques abordées figuraient l’industrie 4.0 et 5.0, les matériaux innovants pour la production et le stockage de l’hydrogène, la souveraineté des données, l’entrepreneuriat social ainsi que la préservation du patrimoine bâti. Plus de 80 communications scientifiques ont été retenues à l’issue d’un processus de sélection rigoureux, témoignant de l’intérêt croissant porté à ces questions.
Le congrès a également mis en lumière plusieurs initiatives concrètes, dont un projet innovant de gestion des déchets développé à Fès et distingué dans le cadre du Bloomberg Philanthropies Mayors Challenge 2026.
Au-delà des échanges académiques, cette édition a confirmé une conviction largement partagée par les participants : la ville durable ne se limite plus aux bâtiments économes en énergie. Elle repose désormais sur une approche globale associant innovation technologique, gouvernance intelligente, mobilité, gestion des ressources et inclusion sociale. Un chantier majeur pour un secteur qui représente près de 6% du PIB national et demeure l’un des plus grands consommateurs d’énergie et de ressources naturelles.
Avec MAP




