Le Maroc poursuit la modernisation de ses établissements publics avec une réforme stratégique qui concerne cette fois l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM). Désormais transformé en société anonyme, l’organisme entend se doter de nouveaux leviers pour attirer les investisseurs et accompagner les grands projets énergétiques du Royaume.
Cette évolution, officialisée par la publication du décret royal au Bulletin officiel, marque une étape importante dans la réforme globale du secteur public marchand. L’État demeure l’actionnaire unique dans un premier temps, tout en prévoyant une ouverture progressive du capital sans remettre en cause sa majorité.
Pour le grand public, ce changement de statut peut sembler technique. Pourtant, ses implications sont considérables. En devenant société anonyme, l’ONHYM pourra désormais créer des filiales, mobiliser des financements innovants, accéder au capital-risque ou encore lever des fonds sur les marchés, autant d’outils indispensables pour porter des projets énergétiques de très grande envergure.
Cette nouvelle architecture vise avant tout à renforcer l’attractivité du Maroc auprès des investisseurs internationaux, dans un contexte où la transition énergétique et la sécurité des approvisionnements deviennent des enjeux majeurs pour les économies mondiales.
Le projet du gazoduc Afrique-Atlantique illustre parfaitement cette nouvelle ambition. Long de près de 6.900 kilomètres et reliant le Nigeria au Maroc à travers treize pays africains, cet investissement estimé à 25 milliards de dollars nécessite des mécanismes de financement particulièrement sophistiqués et une gouvernance adaptée aux standards internationaux.
La future société de projet, créée avec la compagnie nigériane NNPC Limited, devrait ainsi bénéficier de cette nouvelle flexibilité institutionnelle pour mobiliser des capitaux et structurer les différentes phases du chantier.
Au-delà de ce projet emblématique, la réforme traduit une volonté plus large de faire évoluer le rôle des établissements publics. L’objectif n’est plus seulement de gérer des missions régaliennes, mais également de développer une véritable capacité entrepreneuriale, capable d’attirer des partenaires privés et de générer davantage de valeur économique.
La ministre de la Transition énergétique, Leila Benali, a d’ailleurs insisté sur le fait qu’il ne s’agissait nullement d’une privatisation, mais d’une modernisation des outils de gouvernance et de financement afin de gagner en efficacité et en compétitivité.
Cette transformation pourrait également servir de modèle à une cinquantaine d’autres établissements publics appelés à adopter progressivement le même statut. À terme, l’enjeu consiste à rendre le secteur public marocain plus agile, plus performant et mieux armé pour accompagner les grands chantiers de développement du Royaume.
Dans un environnement international marqué par une concurrence accrue pour attirer les investissements dans l’énergie, les infrastructures et les ressources minières, le Maroc cherche ainsi à consolider sa crédibilité auprès des partenaires étrangers tout en préservant le contrôle stratégique de ses actifs nationaux.
Avec agenceecofin.com


