La gestion durable des ressources hydriques s’impose progressivement comme un axe majeur de la stratégie industrielle marocaine. Intervenant à la Chambre des représentants lors de la séance hebdomadaire des questions orales, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a présenté les avancées réalisées dans le traitement et la réutilisation des eaux usées industrielles ainsi que les objectifs fixés à l’horizon 2030.
Le ministre a souligné les progrès importants enregistrés ces dernières années en matière d’infrastructures dédiées au recyclage de l’eau. Le nombre de stations de traitement des eaux usées est ainsi passé de 28 à plus de 280 unités à travers le Royaume. Ces installations permettent actuellement de traiter près de 58 millions de mètres cubes d’eau par an, un volume appelé à atteindre 100 millions de mètres cubes dans les prochaines années.
Selon Ryad Mezzour, les nouvelles implantations industrielles intègrent désormais systématiquement des critères d’optimisation de la consommation d’eau. Cette approche vise à réduire la pression sur les ressources conventionnelles tout en renforçant la durabilité des activités industrielles.
Le ministère poursuit également un travail d’accompagnement auprès des secteurs les plus consommateurs d’eau ou générateurs de pollution, notamment les filières du cuir et de l’olive, afin de renforcer leurs capacités de traitement et de réduire leur impact sur les ressources hydriques.
Au cours des débats parlementaires, plusieurs élus ont insisté sur la nécessité d’accélérer la généralisation du recyclage de l’eau dans les zones industrielles et de mettre en place des solutions collectives permettant aux entreprises de mutualiser les infrastructures de traitement. Ils ont également appelé à un renforcement des mécanismes de soutien financier afin de faciliter les investissements nécessaires.
En réponse, le ministre a confirmé la poursuite des programmes d’accompagnement destinés aux industriels, avec des dispositifs adaptés aux spécificités de chaque secteur et à la capacité d’investissement des entreprises concernées.
L’annonce la plus marquante concerne toutefois l’objectif fixé pour le secteur chimique. Ryad Mezzour a indiqué que le Maroc ambitionne d’atteindre zéro recours à l’eau potable dans cette industrie d’ici 2030. Les besoins devront alors être couverts exclusivement par le dessalement de l’eau de mer ou par la réutilisation des eaux usées traitées.
Pour les entreprises qui ne disposent pas des moyens nécessaires pour construire leurs propres installations, des solutions mutualisées seront développées avec l’appui des pouvoirs publics. Cette approche vise à concilier développement industriel et préservation des ressources hydriques dans un contexte marqué par la raréfaction de l’eau et les effets croissants du changement climatique.


