Le Maroc continue de renforcer son attractivité dans le domaine des énergies propres. Dernier signal en date : la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), principal bras opérationnel de la coopération allemande, s’apprête à lancer une importante étude consacrée au potentiel des solutions énergétiques décarbonées dans les secteurs industriel et commercial marocains.
Cette initiative intervient quelques mois après l’intégration officielle du Royaume parmi les marchés prioritaires du Programme de Développement de Projets (PDP), principal dispositif de coopération énergétique entre l’Allemagne et plusieurs pays africains. Une reconnaissance qui confirme le positionnement du Maroc parmi les destinations les plus prometteuses du continent pour le développement des technologies énergétiques propres.
Contrairement aux études traditionnelles souvent centrées sur les aspects académiques ou réglementaires, la mission envisagée par la GIZ se veut résolument opérationnelle. L’objectif est d’identifier des opportunités d’affaires concrètes susceptibles d’intéresser les entreprises allemandes spécialisées dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et les technologies de décarbonation.
Le secteur industriel marocain sera particulièrement scruté. L’étude analysera les besoins énergétiques des entreprises, leurs niveaux de consommation d’électricité, de chaleur ou de vapeur, ainsi que les économies potentielles réalisables grâce au recours aux solutions renouvelables. Parmi les technologies concernées figurent notamment le solaire photovoltaïque, les systèmes de stockage, l’éolien en autoconsommation, la biomasse, le biogaz, le solaire thermique, les pompes à chaleur industrielles ou encore les équipements d’efficacité énergétique.
L’un des axes majeurs de cette étude consistera à identifier les secteurs les plus réceptifs à cette transition. L’industrie textile, l’agroalimentaire, la chimie, les matériaux de construction ou encore l’automobile figurent parmi les candidats naturels, compte tenu de leur intensité énergétique et de leur forte exposition aux marchés internationaux.
La mission prévoit également l’identification d’entreprises marocaines susceptibles de devenir des projets pilotes. Les critères retenus témoignent d’une approche pragmatique : entreprises à forte consommation énergétique, disposant d’une stratégie d’investissement à long terme, intégrées dans des chaînes de valeur internationales et confrontées aux nouvelles exigences de décarbonation imposées notamment par les donneurs d’ordre européens.
Cette orientation répond à une réalité économique de plus en plus pressante. Au-delà de la réduction des coûts énergétiques, les industriels marocains doivent désormais composer avec des réglementations environnementales de plus en plus strictes, notamment en Europe. Les mécanismes comme le futur ajustement carbone aux frontières ou les exigences ESG des grands groupes internationaux font de la décarbonation un enjeu direct de compétitivité.
Pour le Maroc, l’intérêt de cette initiative dépasse largement la seule coopération avec l’Allemagne. Elle pourrait accélérer l’arrivée de nouvelles technologies, favoriser des investissements industriels à forte valeur ajoutée et renforcer le positionnement du Royaume comme plateforme régionale de production décarbonée.
L’étude, dont les résultats sont attendus avant la fin de l’année, devrait également servir de base à la mise en relation entre industriels marocains et fournisseurs allemands. Plusieurs projets pourraient ainsi déboucher sur des études de préfaisabilité puis sur des investissements concrets dans les mois qui suivront.
À travers cette démarche, l’Allemagne confirme sa confiance dans le potentiel énergétique du Royaume. Pour le Maroc, l’enjeu est désormais de transformer cet intérêt croissant en projets industriels capables de soutenir à la fois sa transition énergétique et sa compétitivité à l’export.
Avec Le Matin


