Le Maroc occupe une place centrale dans l’édition 2025 du rapport annuel de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), qui met en avant plusieurs programmes stratégiques où le Royaume apparaît comme un acteur de référence dans les chaînes d’approvisionnement éthiques, l’économie circulaire et les technologies propres.
Dans le secteur automobile, l’ONUDI souligne le lancement, en 2024, d’une coopération avec le ministère marocain de l’Industrie et du Commerce, financée par la coopération allemande via la GIZ, afin d’accompagner la filière vers des standards renforcés de diligence raisonnable et de conformité ESG.
Selon le rapport, « plus de 400 acteurs de sept villes du Maroc, issus d’institutions publiques, de grandes multinationales, d’organismes intermédiaires et d’entreprises locales, se sont réunis régulièrement afin d’élargir leurs connaissances et de fortifier les pratiques du secteur ».
Des partenariats ont notamment été établis avec l’Association marocaine de l’industrie automobile et de la construction (AMIAC), la Chambre allemande de commerce et d’industrie au Maroc (AHK Maroc) ainsi que le point de contact national de l’OCDE pour la responsabilité des entreprises.
Une conférence organisée à Tanger a réuni plus de 230 participants, en présence du ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, illustrant l’adhésion des pouvoirs publics à cette démarche.
Sur le volet de l’économie circulaire, l’ONUDI met également en avant le programme « SWITCH to Circular Economy Value Chains » (SWITCH2CE), mené avec Chatham House, Circle Economy et la Banque européenne d’investissement.
Ce programme a permis, aux côtés d’Equatorial Coca-Cola Bottling Company (ECCBC), la création du « premier système de recyclage bouteille-à-bouteille du Maroc », destiné à assurer la traçabilité et la conformité sanitaire du PET recyclé.
Le rapport insiste aussi sur le dynamisme de l’écosystème marocain des technologies propres. Depuis 2022, le Programme mondial d’innovation en technologies propres (GCIP Maroc), piloté par l’ONUDI avec le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable et le Centre 4C Maroc, a reçu plus de 1 000 candidatures et accompagné 180 entrepreneurs.
Les finalistes du programme ont levé collectivement près de 44 millions de dollars auprès d’investisseurs nationaux et internationaux, selon le rapport.
Parmi les projets mis en avant figure Visioprocess, startup dirigée par Wafa Rhallam, qui a remporté un contrat avec la BMCI pour des projets de réhabilitation énergétique de bâtiments historiques.
L’ONUDI souligne également que la Conférence générale de l’organisation a validé l’élargissement du Programme de partenariat pays (PCP) du Maroc, destiné à mieux coordonner les interventions industrielles internationales autour des priorités stratégiques du Royaume.
Au-delà du Maroc, le rapport met en avant plusieurs initiatives internationales liées à l’agro-industrie, à la décarbonation industrielle et aux énergies renouvelables.
L’organisation cite notamment le lancement du premier Dialogue mondial sur l’industrialisation verte, qui a débouché sur l’adoption de la Déclaration de Belém lors de la COP30, avec des engagements portant sur la décarbonation de l’industrie lourde et la promotion de l’industrialisation verte.
Le rapport met également en avant plusieurs projets pilotes financés dans des pays comme le Kenya, la Namibie, le Nigéria ou encore la Tanzanie, dans les domaines de l’hydrogène vert, du stockage énergétique, des batteries lithium-ion et des réseaux intelligents.
Sur le plan financier, l’ONUDI indique que les contributions volontaires nettes ont dépassé 460 millions de dollars en 2025, avec le Japon, l’Union européenne, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Allemagne parmi les principaux bailleurs.
Enfin, l’édition 2026 du rapport sur le développement industriel avance qu’une action coordonnée mondiale autour des énergies propres, des chaînes d’approvisionnement résilientes et de l’agro-industrialisation pourrait permettre de sortir 525 millions de personnes de la pauvreté d’ici 2050, tout en réduisant les émissions mondiales de 6% par rapport aux trajectoires actuelles.
Avec Barlamane


