À l’approche du forum Invest in African Energy prévu à Paris en mai, le Maroc engage une révision de sa stratégie gazière, dans un contexte international marqué par des incertitudes sur les prix et les financements.

Cette inflexion intervient après la décision, début 2026, de suspendre les appels d’offres relatifs à un terminal d’importation de gaz naturel liquéfié à Nador West Med. Ce projet reposait sur une unité flottante de stockage et de regazéification, avec une capacité largement supérieure à la consommation actuelle du pays.

Face aux évolutions du marché mondial et aux contraintes d’investissement, les autorités privilégient désormais une approche plus prudente, fondée sur des solutions modulaires et évolutives. L’objectif est d’adapter les infrastructures au rythme réel de la demande, tout en limitant les engagements financiers initiaux.

Cette réorientation intervient alors que la consommation de gaz devrait progresser de manière significative dans les prochaines années, portée par les besoins de la production électrique et le développement industriel, notamment dans les secteurs des engrais, de la chimie et de la métallurgie. En parallèle, le pays poursuit sa transition énergétique avec une montée en puissance des énergies renouvelables.

Dans ce contexte, les unités flottantes de regazéification apparaissent comme une option privilégiée, en raison de leur flexibilité et de leur capacité à évoluer progressivement selon les besoins. Ces infrastructures permettent d’ajuster les volumes importés et de mieux maîtriser les investissements.

Parallèlement, le Maroc poursuit des réformes visant à structurer son marché gazier et à renforcer son attractivité pour les investisseurs. L’ouverture accrue aux opérateurs privés, la clarification des cadres contractuels et l’évolution du rôle des institutions publiques s’inscrivent dans cette dynamique.

Le pays s’appuie également sur des solutions transitoires, notamment l’importation de gaz via des infrastructures espagnoles grâce à l’inversion du gazoduc Maghreb-Europe. Ce dispositif offre une flexibilité opérationnelle, tout en permettant de différer certains investissements lourds.

À moyen terme, la demande nationale pourrait continuer à croître de manière soutenue, confirmant l’importance stratégique du gaz dans le mix énergétique. La nouvelle orientation privilégie ainsi des modèles plus flexibles, capables de s’adapter aux évolutions du marché tout en répondant aux besoins du développement économique.

Avec Barlamane

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