Maroc Telecom s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa stratégie climatique en structurant, dès 2026, une feuille de route intégrée dédiée à la décarbonation, à la résilience climatique et à la gouvernance ESG. L’objectif est d’aligner l’ensemble des activités et des investissements du Groupe avec ses engagements environnementaux à long terme.

Jusqu’à présent, l’opérateur ne disposait pas d’un plan de transition complet au sens des standards internationaux ESRS. La démarche engagée vise désormais à formaliser une trajectoire claire, permettant d’identifier les leviers de réduction des émissions, de chiffrer les investissements nécessaires et d’intégrer ces enjeux au cœur de la planification financière. Cette feuille de route couvrira les horizons 2030, 2040 et 2050, et sera intégrée à un futur rapport de durabilité.

Ce virage marque le passage d’initiatives ponctuelles à une stratégie structurée. Il s’accompagne de travaux déjà engagés, notamment la mutualisation des infrastructures télécoms pour limiter les duplications et réduire l’empreinte matérielle. À travers sa filiale dédiée, le Groupe prévoit le déploiement de près de 2.000 tours en trois ans, avec un objectif de réduction des infrastructures redondantes et une optimisation des ressources utilisées.

Parallèlement, Maroc Telecom mise sur une gestion plus durable de ses équipements. Les choix technologiques privilégient la longévité et la maintenance, avec une utilisation maximale des installations avant leur recyclage. Les fournisseurs sont également évalués sur la durabilité de leurs solutions et leur performance énergétique.

Un audit énergétique global est en cours depuis fin 2025 et se poursuivra en 2026. Il doit permettre d’identifier les marges d’efficacité sur l’ensemble des sites et de structurer des contrats d’approvisionnement en électricité renouvelable, afin de réduire à la fois les coûts et l’empreinte carbone.

Le Groupe prévoit également de réaliser une analyse consolidée de la résilience climatique de ses infrastructures. Cette évaluation couvrira notamment les antennes, les data centers, les bâtiments techniques et les câbles sous-marins, en intégrant des scénarios climatiques pour mesurer leur vulnérabilité aux risques environnementaux.

Ces initiatives s’inscrivent dans les engagements du groupe vis-à-vis des objectifs internationaux, avec une réduction visée d’au moins 35 % des émissions directes et liées à l’énergie d’ici 2030 (base 2022), et un objectif de neutralité carbone à l’horizon 2040. Les émissions indirectes devraient, quant à elles, diminuer d’au moins 25 % d’ici 2030, avec une neutralité attendue en 2050.

En attendant la formalisation complète de cette stratégie, plusieurs actions ont déjà été engagées pour renforcer la résilience opérationnelle. Le Groupe déploie des équipements adaptés aux conditions climatiques extrêmes, développe des outils de maintenance prédictive et améliore la protection de ses infrastructures, notamment à travers des systèmes de détection et des solutions d’isolation renforcée.

Avec Le Matin

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