Face au stress hydrique qui touche le pays, le Maroc intensifie le développement du dessalement de l’eau de mer. L’objectif est clair : produire 1,7 milliard de mètres cubes d’eau par an à l’horizon 2030 afin de sécuriser l’approvisionnement en eau potable, soutenir l’irrigation agricole et répondre aux besoins industriels croissants.
Selon les données rapportées par L’Economiste, le programme national repose sur un déploiement massif d’infrastructures le long du littoral, combinant grandes stations industrielles et unités mobiles. Cette stratégie s’appuie sur une coordination entre acteurs publics et privés ainsi que sur l’intégration de technologies modernes, notamment dans le domaine des énergies renouvelables.
Aujourd’hui, le Maroc compte 17 stations de dessalement déjà en exploitation, avec une capacité de production annuelle d’environ 350 millions de mètres cubes. À ces installations s’ajoutent plusieurs projets en cours de réalisation ou en phase de préparation.
Au total, onze nouvelles stations sont programmées dans différentes régions du pays, notamment dans l’Oriental, à Tanger, Rabat, Essaouira et Guelmim. Une station supplémentaire est également en projet dans la région de Souss-Massa, dont les études techniques sont actuellement en cours.
Parallèlement, des extensions sont prévues pour les stations d’El Jadida et de Safi, dans le cadre d’une collaboration avec le groupe OCP, afin de renforcer l’approvisionnement en eau potable et de répondre aux besoins industriels.
Plusieurs projets majeurs structurent ce programme. La future station de Casablanca, appelée à devenir la plus grande d’Afrique, devrait atteindre une capacité de 300 millions de mètres cubes par an. Près de la moitié des travaux est déjà réalisée et une première tranche de production de 200 millions de mètres cubes devrait entrer en service d’ici la fin de l’année.
Dans le sud du pays, la station de Dakhla affiche un taux d’avancement d’environ 78 % et devrait être mise en service à la mi-année. Le projet inclut également une centrale éolienne destinée à alimenter l’installation en énergie renouvelable.
Ces grands projets s’inscrivent dans le cadre de partenariats public-privé, un modèle qui permet de partager les investissements et les risques tout en mobilisant l’expertise technique du secteur privé.
En parallèle des grandes infrastructures, le Maroc déploie également des stations mobiles de dessalement afin de renforcer l’accès à l’eau dans différentes régions. À ce jour, 124 unités mobiles ont déjà été installées et produisent environ 771 litres par seconde à partir de l’eau de mer ou des eaux souterraines saumâtres.
D’autres installations sont en cours de mise en service, avec 77 nouvelles unités capables de produire 514 litres par seconde supplémentaires. À terme, le programme prévoit 244 stations mobiles, pour une capacité totale d’environ 1.563 litres par seconde.
Ce vaste plan illustre la stratégie du Maroc pour renforcer durablement sa sécurité hydrique dans un contexte marqué par la raréfaction des ressources naturelles et la pression croissante de la demande en eau. En misant sur le dessalement, les partenariats public-privé et l’intégration des énergies renouvelables, le Royaume cherche à construire un modèle de gestion de l’eau plus résilient face aux défis climatiques.
Avec Le360



