La transition énergétique s’impose comme un axe central de la stratégie du Maroc face à l’urgence climatique et à une dépendance énergétique structurelle élevée. À Casablanca, le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable (MTEDD), l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE) et la coopération allemande GIZ ont organisé un atelier destiné aux professionnels des médias afin de renforcer leur compréhension des enjeux énergétiques.

L’objectif affiché dépasse la simple sensibilisation : il s’agit de structurer un discours public rigoureux et fondé sur des données scientifiques, capable d’accompagner les politiques nationales de transition.

Une dépendance énergétique persistante

Le Maroc importe près de 94% de ses besoins énergétiques et son bouquet énergétique demeure fortement carboné, à hauteur de 86%. Le secteur de la production électrique reste dominé par le charbon, qui représente environ 60% de la production, même si l’éolien atteint désormais 20%, traduisant une progression des énergies renouvelables.

Depuis 1990, les émissions nationales de gaz à effet de serre ont plus que doublé, sous l’effet de la croissance démographique et du développement économique. Chaque Marocain émet en moyenne près de 3 tonnes de CO₂ par an. Le poids du secteur énergétique représente entre 6 et 7% du PIB national.

Des secteurs fortement émetteurs

L’augmentation des émissions se manifeste différemment selon les secteurs. Les émissions du secteur résidentiel et des transports ont triplé, tandis que celles liées à la gestion des déchets ont plus que doublé. L’agriculture contribue également de manière significative via le méthane et le protoxyde d’azote, gaz à fort potentiel de réchauffement.

Ces données techniques exigent une lecture éclairée afin d’être correctement expliquées au grand public, d’où l’importance accordée au rôle des médias.

Efficacité énergétique et décarbonation

L’efficacité énergétique constitue un levier central de la stratégie nationale. Elle vise à fournir le même service en consommant moins d’énergie, à travers des mesures telles que l’isolation thermique des bâtiments, l’éco-conduite, les systèmes de management énergétique ou encore le recours au pompage solaire.

Sur le plan climatique, le Maroc s’est engagé, dans le cadre de sa troisième contribution nationale déterminée (NDC), à réduire de moitié ses émissions d’ici 2035 par rapport à un scénario tendanciel. Cet objectif repose sur la mobilisation de financements internationaux et sur le développement de mécanismes tels que les crédits carbone.

Plusieurs instruments encadrent cette trajectoire, notamment la stratégie énergétique nationale, la stratégie d’efficacité énergétique, la stratégie nationale de développement durable, le Plan climat national et les plans climatiques territoriaux.

Les médias comme relais stratégique

Les organisateurs de l’atelier ont souligné la responsabilité des médias dans la vulgarisation des enjeux énergétiques et climatiques. Au-delà de l’information, les journalistes sont appelés à contextualiser les données, expliquer les mutations en cours et accompagner les changements de comportements nécessaires.

Dans un contexte de transition profonde des modèles de production et de consommation, la qualité du traitement médiatique est perçue comme un facteur déterminant pour favoriser l’adhésion citoyenne aux réformes engagées.

La transition énergétique ne relève ainsi pas uniquement de choix techniques ou industriels, mais également d’un effort collectif de pédagogie et de compréhension, dans lequel les médias occupent une place stratégique.

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