La gestion durable du littoral s’impose désormais comme une priorité stratégique pour le Maroc. Réunie mercredi à Rabat dans le cadre de la Commission nationale de gestion intégrée du littoral, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a réaffirmé la volonté du Royaume de structurer et renforcer la gouvernance de ses côtes, conformément aux Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Avec 3.500 kilomètres de côtes répartis entre les façades atlantique et méditerranéenne, le Maroc dispose d’un patrimoine naturel et économique majeur. Ce linéaire côtier concentre des écosystèmes riches et soutient des secteurs stratégiques tels que la pêche, l’aquaculture, le tourisme, l’industrie, les infrastructures portuaires, le dessalement de l’eau de mer et les énergies renouvelables.

Selon la ministre, ces activités représentent 83 % du Produit intérieur brut national, tandis que plus de la moitié de la population du Royaume vit dans les zones littorales. Une concentration qui accentue les pressions démographiques et socio-économiques, aggravées par les effets du changement climatique.

Face à ces défis, Leila Benali a plaidé pour une approche intégrée fondée sur une meilleure coordination des politiques sectorielles et un renforcement des mécanismes de gouvernance. Elle a rappelé, à cet égard, les orientations du Discours Royal d’octobre 2025 appelant à l’activation optimale des outils juridiques existants, notamment la loi sur le littoral et le Plan national du littoral (PNL).

Adoptée en 2015, la loi n°81-12 relative au littoral constitue le socle législatif de cette stratégie. Deux projets de décrets sont actuellement en cours d’examen au Secrétariat général du gouvernement. Le premier porte sur les limites maximales des déversements liquides et le système de redevance associé. Le second concerne les modalités d’octroi et de renouvellement des autorisations d’exploitation du sable et des matériaux issus des cordons dunaires.

Sur le volet planification, le Plan national du littoral, adopté en 2022 pour une période de dix ans, définit les orientations stratégiques de protection et de valorisation des zones côtières. Sa mise en œuvre s’articule avec plusieurs stratégies sectorielles, notamment « Halieutis », la Stratégie nationale portuaire à l’horizon 2030, ainsi que les stratégies nationales de transition énergétique, industrielle et hydrique.

La ministre a également insisté sur l’extension des aires marines protégées. L’objectif d’atteindre 30 % de zones protégées pourrait, selon elle, permettre une augmentation de la biomasse halieutique allant jusqu’à 500 %, renforçant ainsi la durabilité des ressources et la valeur ajoutée au profit des communautés locales.

Cette orientation s’inscrit dans une vision plus large de l’économie bleue bas carbone, en cohérence avec l’Initiative Atlantique lancée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour faciliter l’accès des pays du Sahel à l’Océan Atlantique, ainsi qu’avec l’engagement de SAR la Princesse Lalla Hasnaa en faveur de la protection de l’environnement.

Au niveau territorial, cinq schémas régionaux du littoral sont actuellement en cours d’élaboration, tandis que les quatre restants devraient être finalisés en 2026. La réunion a notamment permis de présenter le projet de schéma régional de Guelmim-Oued Noun, premier soumis à la Commission. Il s’articule autour de cinq objectifs stratégiques, déclinés en 17 objectifs opérationnels et plus de 40 projets.

Les travaux ont également porté sur un rapport de suivi fondé sur 25 indicateurs de gouvernance, environnementaux et socio-économiques, destiné à être présenté prochainement au gouvernement.

À travers ces différents instruments, les autorités entendent consolider un modèle de gestion du littoral conciliant développement économique, préservation des écosystèmes et résilience climatique.

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