La start-up franco-marocaine Sand To Green, fondée en 2022 par Wissal Ben Moussa, Benjamin Rombault et Gautier de Carcouët, développe des solutions technologiques destinées à restaurer les terres agricoles dégradées en Afrique.
Son ambition est de faire de la régénération des sols un levier central de l’agriculture durable, dans un contexte marqué par la dégradation accélérée des terres sous l’effet du changement climatique et de certaines pratiques agricoles intensives.
Une plateforme numérique au service de l’agroécologie
Pour répondre à ce défi, l’entreprise a développé une plateforme numérique combinant données scientifiques, analyses satellitaires et expertise agronomique locale.
Cet outil s’appuie notamment sur des bases de données agronomiques, des référentiels de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ainsi que des informations collectées sur les sols africains.
La plateforme permet d’analyser l’état des parcelles à distance et de fournir des recommandations personnalisées aux agriculteurs, afin d’améliorer la fertilité des sols, optimiser l’usage de l’eau et renforcer la résilience des cultures.
Restaurer la fertilité des terres
Concrètement, la solution développée par Sand To Green permet d’évaluer les caractéristiques biologiques et physiques d’un sol et d’identifier les pratiques agricoles les plus adaptées pour le régénérer.
Parmi ces pratiques figurent notamment la rotation des cultures, la couverture végétale ou l’utilisation d’amendements organiques.
Les premiers résultats observés montrent une amélioration de la vigueur des cultures, une augmentation de l’humidité des sols et une réduction du stress hydrique. À plus long terme, ces pratiques peuvent également renforcer la capacité de stockage du carbone, contribuant ainsi à la lutte contre le changement climatique.
Une présence dans plusieurs pays africains
La solution est actuellement déployée dans plusieurs pays, notamment en Côte d’Ivoire, en Tanzanie, au Kenya, en Ouganda et en République démocratique du Congo, où la start-up accompagne des milliers d’agriculteurs.
Sand To Green collabore également avec des entreprises agroalimentaires, des organisations internationales et des fondations, dont Dar Si Hmad, engagée dans des initiatives environnementales au Maroc.
Un modèle économique tourné vers les entreprises
Après un démarrage orienté vers les agriculteurs, la start-up a récemment fait évoluer son modèle vers une approche B2B, ciblant davantage les grandes entreprises agricoles confrontées à des exigences croissantes en matière de durabilité et de traçabilité.
Son modèle repose sur une tarification à l’hectare, comprise entre 10 et 24 dollars par an, afin de faciliter le déploiement de la solution à grande échelle.
Des ambitions de développement
Sur le plan financier, Sand To Green a levé 600.000 euros en fonds propres en 2023, complétés par 250.000 euros de dette et de financements non dilutifs.
L’entreprise prévoit une nouvelle levée de fonds en 2026 afin de renforcer les capacités technologiques de sa plateforme et d’accélérer son expansion sur le continent africain.
À travers cette approche mêlant innovation technologique et agroécologie, Sand To Green ambitionne de contribuer à la restauration de millions d’hectares de terres agricoles fragilisées et de promouvoir un modèle agricole plus durable.
Avec Jeune Afrique



