Le Maroc consolide sa position parmi les marchés africains les plus attractifs pour les investisseurs dans la transition énergétique. Selon le rapport « Africa’s Power and Energy Transition Investment Report 2025 » publié par la plateforme spécialisée Electron Intelligence, le Royaume se classe au quatrième rang continental en matière de capitaux captés au cours de l’année écoulée.

Sur un volume total d’investissements estimé à 13,84 milliards de dollars en Afrique en 2025, le Maroc a attiré environ 1,38 milliard de dollars, soit près de 10 % des flux enregistrés sur le continent. Il se positionne derrière l’Afrique du Sud, qui occupe la première place avec 2,16 milliards de dollars, suivie de l’Égypte (1,95 milliard) et du Nigeria (1,78 milliard).

Cette performance s’inscrit dans la continuité de la stratégie énergétique nationale engagée depuis plus d’une décennie. Le rapport souligne notamment le rôle structurant du complexe solaire Noor, souvent cité comme l’un des projets les plus emblématiques du continent. Plus largement, les auteurs mettent en avant l’approche marocaine fondée sur le développement simultané de projets solaires et éoliens d’envergure, ainsi que sur l’intégration progressive des énergies renouvelables dans le mix énergétique national.

À l’échelle africaine, 306 transactions ont été recensées en 2025, portées par 142 investisseurs dans 43 pays. En termes de répartition régionale, l’Afrique de l’Ouest arrive en tête avec 3,91 milliards de dollars, devant l’Afrique du Nord (3,75 milliards), l’Afrique australe (3,13 milliards), l’Afrique de l’Est (797,7 millions) et l’Afrique centrale (325,5 millions).

Les projets d’énergie propre dominent largement les flux financiers, représentant 98,3 % de la valeur totale des investissements, soit 13,61 milliards de dollars. Le segment de la production d’électricité renouvelable capte à lui seul 8,14 milliards de dollars. Viennent ensuite les programmes de réforme du secteur et de renforcement des services publics (2,40 milliards), les réseaux de transmission et de distribution (1,55 milliard), ainsi que les projets liés au stockage et à la flexibilité énergétique (666 millions).

En matière de bailleurs, la Banque africaine de développement (BAD) se positionne en tête avec 1,77 milliard de dollars engagés, devant la Banque mondiale (1,04 milliard). La Standard Bank sud-africaine et l’Union européenne complètent le classement avec respectivement 922,1 millions et 794,6 millions de dollars. Les dix principaux investisseurs concentrent à eux seuls plus de 53 % des montants engagés, soit 7,42 milliards de dollars.

Le rapport met également en lumière la prédominance des financements par dette, qui totalisent 9,05 milliards de dollars. Les apports en fonds propres atteignent 2,48 milliards, suivis par les subventions (1,17 milliard), les garanties (656,5 millions) et les financements hybrides combinant ressources de développement et capitaux philanthropiques (456,9 millions). L’année 2025 a par ailleurs enregistré 15 opérations de fusion-acquisition dans le secteur, pour un volume cumulé de 1,4 milliard de dollars.

Dans ce paysage en pleine mutation, le Maroc apparaît comme l’un des pôles structurants de la transition énergétique en Afrique, bénéficiant d’un cadre stratégique stable et d’une visibilité accrue auprès des investisseurs internationaux.

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