Le département de la Transition énergétique franchit une nouvelle étape dans le renforcement du dispositif d’appui aux entrepreneurs verts. À travers une consultation récemment lancée dans le cadre du programme « GCIP/Cleantech Maroc », le ministère affiche clairement ses priorités : la qualité technique primera désormais sur le critère financier dans la sélection des prestataires chargés d’accompagner les startups.

Cette initiative s’inscrit dans le déploiement opérationnel du Programme d’appui à l’innovation dans les technologies propres et l’emploi vert, dont l’objectif est d’accompagner la transition vers une économie plus durable et inclusive. Le programme cible les auto-entrepreneurs, startups et très petites entreprises évoluant dans des secteurs à fort impact environnemental, notamment la valorisation des déchets, l’efficacité énergétique, la gestion rationnelle de l’eau et les énergies renouvelables.

La nouvelle consultation porte sur le renforcement des capacités des porteurs de projets à travers des « cliniques d’affaires ». Elle prévoit l’organisation d’ateliers dédiés aux 28 projets finalistes de la compétition GCIP, afin de compléter les formations de base et webinaires déjà dispensés. L’ambition est d’apporter un accompagnement plus structuré, adapté aux besoins spécifiques des entrepreneurs et orienté vers la consolidation de modèles économiques viables.

Le programme GCIP s’inscrit dans un cadre international plus large, soutenu par le Fonds pour l’environnement mondial, l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ainsi que le ministère italien de l’Environnement et de la sécurité énergétique. À ce jour, cinq compétitions nationales ont permis d’accompagner plus de 200 entrepreneurs et de financer 37 startups vertes, contribuant à structurer progressivement l’écosystème cleantech marocain.

La nouveauté réside dans la procédure d’évaluation des offres. Celle-ci sera articulée en trois phases : technique, financière puis technico-financière. La note technique, sur 100 points, évaluera notamment le niveau académique des intervenants, leur expérience en gestion de projets, leur expertise en accompagnement de startups, leur connaissance de l’écosystème cleantech national ainsi que leurs capacités pédagogiques et méthodologiques. Toute offre obtenant une note technique inférieure à 70 points sera automatiquement éliminée.

La pondération finale accorde 70 % à la qualité technique contre 30 % à l’offre financière, traduisant une volonté affirmée de professionnaliser davantage l’accompagnement stratégique des startups vertes. Ce choix marque une évolution notable dans la gouvernance du programme, en plaçant l’exigence d’expertise et d’impact au cœur du dispositif.

À travers ce resserrement des critères, le ministère entend consolider la crédibilité du programme GCIP et maximiser l’impact environnemental et économique des projets soutenus. Dans un contexte où l’innovation durable devient un levier stratégique de compétitivité, le renforcement de la qualité de l’accompagnement apparaît comme un facteur déterminant pour faire émerger des champions nationaux de la cleantech.

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