Le Maroc renforce son financement climatique avec l’entrée d’un nouvel acteur international. La Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (AIIB) a signé un accord de financement souverain de 200 millions de dollars pour appuyer la mise en œuvre de la CDN 3.0 (Contribution déterminée au niveau national) actualisée en 2025. Il s’agit de la première opération souveraine de l’institution au Royaume.
Ce financement s’inscrit dans le cadre de l’« Opération Climat Maroc – Programme d’Appui à la CDN » et est cofinancé avec la Banque mondiale. L’objectif annoncé est de renforcer à la fois l’atténuation du changement climatique et l’adaptation, en soutenant des actions concrètes sur le terrain jusqu’en 2029.
Un programme centré sur la résilience et la protection des écosystèmes
L’AIIB justifie son intervention par l’exposition croissante du Maroc à des risques climatiques majeurs : sécheresses prolongées, désertification, stress hydrique et multiplication d’événements extrêmes. Les zones rurales et arides sont particulièrement concernées, avec des écosystèmes vulnérables — comme les palmeraies et les paysages d’arganiers — qui jouent un rôle clé dans la régulation de l’eau, la protection des sols et la séquestration du carbone.
Le programme prévoit notamment :
- l’extension des systèmes nationaux d’observation climatique, avec l’installation de nouveaux radars pour améliorer les alertes précoces face aux inondations, vagues de chaleur et sécheresses ;
- la restauration de systèmes traditionnels d’irrigation gravitaire, comme les khettaras et les seguias, pour promouvoir une agriculture moins énergivore ;
- la réhabilitation de terres dégradées via la plantation d’espèces résilientes telles que l’arganier, l’olivier, le caroubier, le cactus et l’amandier.
Un dispositif déjà soutenu par la Banque mondiale
Le programme bénéficie déjà d’un financement de 350 millions de dollars accordé par la Banque mondiale depuis janvier 2024, via un mécanisme axé sur les résultats. Le financement de l’AIIB vient renforcer cette enveloppe et prolonger l’effort jusqu’à 2029.
Au-delà des aspects environnementaux, le projet vise aussi un impact économique : soutien aux chaînes de valeur agricoles locales, réduction des pertes post-récolte, création d’emplois et baisse des émissions grâce à une meilleure valorisation des sous-produits agricoles.
Vers un partenariat durable avec l’AIIB
Cité dans le cadre de cette annonce, Konstantin Limitovskiy, directeur exécutif des investissements clients et secteur public à l’AIIB, souligne que ce financement doit permettre de traduire les engagements climatiques en actions concrètes, en combinant adaptation et atténuation sur le terrain.
Pour le Maroc, cet appui marque une étape supplémentaire dans le renforcement du cadre national de financement climatique et ouvre la voie à un partenariat durable avec l’AIIB, avec l’ambition de développer des solutions reproductibles pour d’autres pays confrontés à des défis similaires.



