La Cour des comptes juge les avancées du Maroc dans les énergies renouvelables globalement positives jusqu’en 2024, mais alerte sur un risque majeur : le rythme d’exécution doit s’accélérer si le Royaume veut atteindre ses objectifs à l’horizon 2030.
Dans son rapport annuel 2024-2025, la juridiction financière appelle à renforcer les efforts de mise en œuvre des programmes déjà programmés, en particulier ceux inscrits dans le plan d’équipement électrique 2025-2030, présenté comme la colonne vertébrale de la transition énergétique à venir.
Un plan 2025-2030 à 15.672 MW et 120 milliards de dirhams
La Cour rappelle que le plan d’équipement électrique 2025-2030 vise une capacité installée totale de 15.672 MW, pour un coût estimé à 120 milliards de dirhams. Dans cette enveloppe, 12.445 MW sont destinés au développement des énergies renouvelables et des dispositifs de stockage, un volet devenu central pour sécuriser l’approvisionnement face à l’intermittence de la production solaire et éolienne.
L’institution insiste aussi sur la nécessité d’accélérer les investissements dans le réseau de transport d’électricité, de finaliser les projets d’interconnexion électrique, et de structurer le développement du gaz naturel. Ce dernier est présenté comme une énergie de transition, appelée à accompagner la montée en puissance des renouvelables dans le mix énergétique national et à renforcer la stabilité du système.
Suivi, gouvernance, cadre juridique : les leviers à activer
Pour éviter les retards, la Cour recommande la mise en place de mécanismes de suivi plus efficaces afin de piloter l’exécution du plan 2025-2030 dans ses différentes composantes : production, stockage et transport.
Elle appelle également à améliorer la gouvernance du secteur énergétique et à clarifier la stratégie nationale, notamment en dotant le développement du gaz naturel d’un cadre juridique adapté, afin de sécuriser les investissements et d’assurer une transition cohérente et durable.
Réforme des établissements publics : des chantiers encore au ralenti
Au-delà de l’énergie, le rapport s’inscrit dans le suivi annuel de la réforme des établissements et entreprises publics (EEP). Sur ce volet, la Cour note que le programme de restructuration du portefeuille public des établissements non commerciaux rencontre des difficultés d’exécution.
Elle attribue ces blocages à l’absence d’un mécanisme décisionnel capable d’activer les opérations de restructuration prévues, celles-ci restant dépendantes des initiatives des ministères de tutelle.
Autre point relevé : la Politique actionnariale de l’État, adoptée par le Conseil du gouvernement le 12 décembre 2024, n’a pas encore véritablement démarré sur le terrain, selon la Cour.




