Le secteur de l’économie sociale et solidaire (ESS) continue de gagner en poids dans l’emploi et l’inclusion économique. En 2025, il a contribué à la création de 24.558 emplois, a indiqué mercredi à Rabat le secrétaire d’État chargé de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, Lahcen Saâdi, à l’occasion de la cérémonie de clôture de l’Année internationale des coopératives.

Placée sous le slogan « Maintenant, le tour est aux coopératives », cette rencontre, organisée en partenariat avec l’Office du développement de la coopération (ODCO), a mis en avant la volonté des autorités de renforcer la structuration du secteur et d’accélérer sa modernisation.

Une loi-cadre en préparation et de nouveaux outils pour moderniser le secteur

Lahcen Saâdi a annoncé qu’une nouvelle loi-cadre est en cours d’élaboration, dans l’objectif de consolider le cadre législatif et d’accompagner un saut qualitatif dans l’organisation du secteur.

Le responsable a également cité plusieurs initiatives visant à améliorer l’accès aux opportunités économiques, notamment :

  • le lancement d’une “Banque de projets”, destinée à proposer des opportunités d’investissement concrètes, en particulier pour les jeunes et les femmes ;
  • la création d’un portail de formation en ligne, disponible en amazighe et en arabe (classique et dialectal), pour élargir l’accès à la formation, notamment dans les zones éloignées ;
  • le développement d’une plateforme e-commerce dédiée aux produits des coopératives, afin de renforcer leur visibilité et leur compétitivité.

Financement : MOAZARA et “Tahfiz Niswa” ciblent les projets et l’emploi féminin

Sur le volet financier, Lahcen Saâdi a indiqué que le programme MOAZARA doit financer plus de 500 projets entre 2025 et 2026, soit un volume équivalent à l’ensemble des projets financés depuis 2021.

Il a également mis en avant “Tahfiz Niswa”, programme mené en partenariat avec l’Agence espagnole de coopération internationale au développement, qui vise, dans une première phase, la création de 5.000 emplois au profit de femmes entrepreneures dans quatre régions du Royaume.

65.315 coopératives actives et 14 milliards de dirhams de chiffre d’affaires

De son côté, la directrice générale de l’ODCO, Aicha Errifaai, a dressé un état des lieux du tissu coopératif national. Selon elle, le Maroc compte 65.315 coopératives actives, regroupant près de 789.000 adhérents, dont 272.000 femmes et 18.000 jeunes.

Elle a ajouté que le secteur contribue directement à la création de 120.000 emplois, avec l’émergence de 333 grandes coopératives, et génère un chiffre d’affaires estimé à environ 14 milliards de dirhams.

Sur le plan stratégique, elle a expliqué que le modèle marocain s’articule autour de quatre axes, dont le renforcement de la sensibilisation — avec plus de 597 sessions —, le développement de l’entrepreneuriat coopératif via des partenariats public-privé, ainsi que la mise à jour du cadre juridique et le renforcement de la gouvernance.

L’ONU consacre l’économie coopérative comme levier du développement durable

Présente à la cérémonie, la directrice régionale de l’Alliance coopérative internationale-Afrique, Rose Karimi Kiwanuka, a souligné que la clôture de l’Année internationale des coopératives 2025 constitue une reconnaissance du rôle central de l’économie solidaire dans les objectifs de développement durable.

Elle a rappelé l’adoption, le 15 décembre 2025, de la résolution onusienne 80/182, qui appelle les gouvernements à renforcer les cadres juridiques et fiscaux en faveur des coopératives, et instaure une Année internationale des coopératives à célébrer tous les dix ans.

Un partenariat pour l’insertion des femmes, des jeunes et des personnes en situation de handicap

La cérémonie a également été marquée par la signature d’une convention entre l’Entraide nationale et l’ODCO, visant à promouvoir l’insertion socio-économique des femmes, des jeunes et des personnes en situation de handicap.

L’accord prévoit l’élaboration et la mise en œuvre de programmes conjoints destinés à créer des activités génératrices de revenus au profit des catégories vulnérables, dans une logique d’autonomisation économique et d’intégration dans le tissu productif national.

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