Le Maroc poursuit la montée en puissance des énergies renouvelables dans son mix électrique, malgré un ralentissement ponctuel de la production solaire. C’est ce qui ressort du rapport annuel 2025 de l’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE), publié à la fin de l’année écoulée, qui dresse un état des lieux détaillé de la production et des capacités installées en 2024.
Selon ce document, la part des énergies renouvelables dans la production nationale d’électricité a atteint 27% en 2024, contre un niveau inférieur l’année précédente, traduisant une progression notable de la contribution des sources vertes. En volume, la production issue des EnR s’est établie à 11.666 GWh sur un total national de 43.713 GWh.
Cette dynamique s’observe également du côté des capacités installées. La puissance cumulée des installations renouvelables a progressé d’environ 18% sur un an pour atteindre 5.439 MW, représentant désormais près de 45% de la capacité électrique totale du Royaume. Pour l’ANRE, cette évolution confirme « l’intégration croissante des énergies renouvelables dans le mix électrique national » et l’engagement du Maroc en faveur de la décarbonation et de la sécurité énergétique.
L’éolien, principal moteur de la production verte
Dans le détail, c’est l’éolien qui s’impose comme la principale source renouvelable en 2024. Avec une production de 9.363 GWh, il représente à lui seul 21% du mix électrique national et près de 80% de la production issue des EnR. Cette performance confirme la maturité de la filière éolienne marocaine et son rôle structurant dans l’architecture énergétique du pays.
Le solaire, pour sa part, a produit 1.617 GWh, soit environ 4% du mix électrique et 14% de la production renouvelable. L’hydraulique et les stations de transfert d’énergie par pompage (STEP) ont contribué chacune à hauteur d’environ 1% du mix, avec respectivement 321 GWh et 325 GWh.
En termes de capacités installées, la répartition reflète cette hiérarchie. Le parc renouvelable national se compose à 44% d’installations éoliennes, 24% de barrages hydrauliques, 17% de solaire et 14% de STEP.
Un recul solaire à caractère conjoncturel
L’un des enseignements marquants du rapport réside dans le repli de la production solaire en 2024, estimé à près de 25% par rapport à 2023. Cette baisse s’explique principalement par l’indisponibilité de la centrale Noor Ouarzazate III, élément clé du complexe solaire de Ouarzazate.
Malgré ce recul conjoncturel de la production, la filière solaire continue de se renforcer sur le plan des capacités. La puissance solaire installée a atteint 928 MW en 2024, en hausse d’environ 12% sur un an. Elle représente désormais 17% des capacités renouvelables et près de 8% de la capacité électrique totale du pays.
La production solaire reste largement portée par Masen, qui assure près de 86% de l’électricité solaire produite, suivie par l’ONEE avec un peu plus de 13%, tandis que l’autoproduction demeure marginale, autour de 0,2%, notamment via la centrale OCP de Benguerir mise en service en 2024.
Une trajectoire confirmée vers l’objectif 2030
Pour les analystes, les données de 2024 confirment que le Maroc demeure sur une trajectoire globalement conforme à ses ambitions énergétiques. La contraction de la production solaire apparaît comme un accident de parcours plutôt qu’un signal de retournement structurel.
La remise en service de Noor Ouarzazate III courant 2025, combinée au lancement de nouveaux projets solaires et éoliens, devrait se traduire par un rééquilibrage de la production renouvelable dans les prochaines années. À moyen terme, ces évolutions sont appelées à renforcer la part des énergies propres et à rapprocher le Royaume de son objectif stratégique : porter les énergies renouvelables à 52% du mix électrique national à l’horizon 2030.


