Réunis à Marrakech dans le cadre de la 9e édition du Salon international des technologies de l’eau, de l’assainissement et de l’énergie, plusieurs experts, institutionnels et opérateurs économiques ont appelé à une transformation profonde de la gestion de la ressource hydrique au Maroc, en privilégiant désormais une approche circulaire de l’eau plutôt qu’une simple logique de consommation.
Les échanges, organisés autour d’un panel consacré à la gouvernance et au financement du nexus eau-énergie-agriculture-santé, ont mis en avant la nécessité d’adapter les modèles de gestion aux nouvelles réalités imposées par le stress hydrique, l’urbanisation rapide, la pression industrielle et les exigences sanitaires croissantes.
Les intervenants ont souligné que le défi de l’eau ne se limite plus aujourd’hui à la disponibilité de la ressource, mais concerne surtout la capacité à préserver sa qualité, optimiser les usages et intégrer chaque ressource hydrique dans une logique d’économie circulaire et de résilience.
Le directeur général adjoint de la Société régionale multiservices Marrakech-Safi, Adil Daoudi, a expliqué que la réforme des sociétés régionales multiservices vise à rapprocher les services essentiels des citoyens à travers une gestion intégrée de l’eau potable, de l’électricité et de l’assainissement liquide à l’échelle régionale.
Il a également insisté sur l’importance de mettre en place des mécanismes de financement durables capables de soutenir les investissements nécessaires tout en garantissant la continuité et la qualité des services publics.
De son côté, Nicolas Imbert, spécialiste des questions de résilience territoriale et de santé globale, a rappelé que la gouvernance de l’eau s’inscrit désormais dans une dynamique internationale fortement liée aux enjeux climatiques et environnementaux.
Selon lui, les collectivités territoriales doivent jouer un rôle central dans le déploiement des solutions locales, à travers des approches intégrées associant eau, climat et biodiversité, mais aussi grâce à des outils de résilience et des cadres réglementaires adaptés aux nouveaux risques liés aux conflits d’usage.
Le groupe Managem a également présenté sa vision de la transition hydrique et énergétique dans l’industrie.
Son directeur Asset management et ESG, Saad Azzaoui, a mis en avant une stratégie articulée autour des compétences, de l’intégration des critères ESG et du développement d’offres durables, tout en plaidant pour un recours accru aux eaux non conventionnelles, au recyclage des eaux usées et aux énergies renouvelables.
Les participants ont également souligné l’importance de renforcer les mécanismes de gouvernance et de financement afin d’accompagner les transformations nécessaires dans les secteurs industriels et territoriaux.
Placée sous le Haut Patronage Royal, cette édition du Salon international des technologies de l’eau, de l’assainissement et de l’énergie est organisée avec plusieurs partenaires institutionnels et académiques, notamment la Confédération générale des entreprises du Maroc, la Coalition marocaine pour l’eau et l’Université Cadi Ayyad.
Le programme prévoit également des rencontres intergénérationnelles autour du nexus eau-énergie-agriculture-santé, des ateliers pédagogiques, des expositions métiers ainsi que des initiatives de sensibilisation dédiées à la citoyenneté environnementale et à la gestion durable des ressources hydriques.


