Renault Maroc vient d’opérer un tournant majeur dans sa gestion sociale. Le groupe a signé à Casablanca une série de conventions collectives couvrant l’ensemble de ses sites industriels et commerciaux, confirmant sa volonté d’inscrire durablement le dialogue social au cœur de son développement.
Un cadre social unifié pour plus de 10.000 collaborateurs
Les accords ont été conclus avec les deux grandes centrales syndicales du pays : la CDT pour la SOMACA et Renault Commerce Maroc, et l’UMT pour l’usine de Tanger. En présence des ministres Younes Sekkouri et Ryad Mezzour, ces signatures posent les bases d’un cadre clair et partagé autour des conditions de travail et des droits sociaux. Plus de 10.000 salariés sont concernés.
Chaque entité franchit une étape symbolique : troisième renouvellement pour Tanger et la SOMACA, première convention collective pour Renault Commerce Maroc.
Un signal d’un Maroc industriel moderne
Pour le ministre de l’Inclusion économique, ces conventions reflètent l’image d’un Maroc qui modernise ses relations professionnelles tout en conciliant les besoins des entreprises et les attentes des travailleurs. Il a notamment salué la priorité accordée au recrutement des enfants des employés, présentée comme une marque de reconnaissance forte.
Le dispositif d’accompagnement prévu pour gérer les pics d’activité – notamment en cas de lancement de nouveaux modèles – a également été mis en avant comme un élément structurant pour la compétitivité.
Diversification et montée en gamme : les attentes du ministère de l’Industrie
Ryad Mezzour a profité de cette signature pour rappeler la nécessité pour le secteur automobile marocain de sortir d’une logique centrée uniquement sur les coûts. Selon lui, la prochaine étape passe par une montée en gamme et une diversification accrue, un défi que Renault est appelé à accélérer.
Il a aussi insisté sur l’importance d’un syndicalisme doté de compétences techniques capables d’accompagner la transformation du secteur.
Renault Maroc met en avant le rôle central du capital humain
Le directeur général du groupe, Mohamed Bachiri, a présenté ces conventions comme un jalon essentiel dans la consolidation du modèle social de Renault au Maroc. Il a rappelé la place stratégique du Royaume dans le dispositif mondial du constructeur : près d’un véhicule sur cinq vendu dans le monde sort des usines marocaines.
Selon lui, les accords signés résultent d’un travail approfondi mené dans un climat de confiance, avec un objectif : ancrer un cadre social stable propice à l’écoute, au progrès et au développement collectif.
Des syndicats satisfaits d’un cadre qualifié de moderne
À l’UMT, Miloudi Moukharik a salué des conventions collectives « modernes », attendues depuis longtemps. Il a souligné qu’une entreprise de la taille de Renault mérite des relations professionnelles allant bien au-delà du simple code du travail, jugé insuffisant pour accompagner les réalités du secteur.
La CDT partage cette appréciation. Son secrétaire général, Khalid Alami Houir, voit dans ces accords une avancée décisive, garantissant à la fois la compétitivité de l’entreprise et les droits des travailleurs. Il a mis en avant la qualité du dialogue social ayant permis d’y aboutir.
Un acteur historique et central du paysage automobile marocain
Présent au Maroc depuis 1928, Renault demeure le leader incontesté du marché : plus d’un véhicule sur trois vendus dans le Royaume porte les marques Renault ou Dacia. Avec ces nouvelles conventions collectives, le groupe ancre un peu plus son modèle social et confirme sa volonté de consolider durablement son implantation.


