Le leadership régional ne se décrète pas par l’accumulation de projets annoncés. Dans l’hydrogène vert, l’avance marocaine tient surtout à une base énergétique et industrielle déjà constituée, mais le passage à une production rentable reste soumis au coût, à l’eau et aux débouchés.
Le360, dans une revue de presse tirée de Jeune Afrique, situe le Maroc en tête de la course maghrébine à l’hydrogène vert. Les énergies renouvelables représentent près de 40 % du mix électrique national, contre 3,7 % en Tunisie et 2,1 % en Algérie.
L’avantage marocain repose également sur un cadre juridique jugé attractif pour les investisseurs et sur la concentration de nombreux projets à l’étude. La possibilité de coupler l’électrolyse à des installations de dessalement constitue un autre élément décisif dans une région soumise à un stress hydrique structurel.
Le débouché industriel renforce le modèle marocain
Le modèle le plus avancé n’est pas uniquement tourné vers l’exportation. Les projets portés autour d’OCP visent notamment la production d’engrais azotés et la réduction des importations d’ammoniaque, ce qui offre à l’hydrogène produit localement un débouché industriel immédiat.
Les stratégies tunisienne et algérienne apparaissent, à ce stade, davantage centrées sur l’exportation d’une molécule brute vers l’Europe. Elles restent donc plus dépendantes d’une demande extérieure dont la structuration demeure lente.
Un coût encore deux à trois fois supérieur
L’avance relative du Maroc ne supprime pas les obstacles économiques. Selon les données citées de l’Agence internationale de l’énergie, l’hydrogène vert produit sans soutien public direct demeure deux à trois fois plus cher que l’hydrogène gris issu des énergies fossiles.
Le stockage, le transport et la distribution exigent en outre de lourds investissements. L’absence de contrats fermes avec des acheteurs empêche encore plusieurs porteurs de projets de sécuriser les financements nécessaires à une décision finale d’investissement.
La traçabilité reste une condition
La filière doit enfin démontrer que l’électricité utilisée provient effectivement de sources renouvelables. Sans mécanisme rigoureux de traçabilité, la promesse bas carbone devient difficile à garantir.
Le Maroc dispose donc d’une avance énergétique, industrielle et réglementaire mesurable. Sa transformation en industrie exportatrice dépend désormais de la rentabilité des projets, de la disponibilité de l’eau dessalée et de la signature de débouchés durables.


