Huit ans après son entrée en service, le parc éolien de Khalladi s’impose comme l’un des projets les plus emblématiques de la transition énergétique marocaine. Située près de Tanger, cette infrastructure de 120 MW démontre qu’il est possible de produire une électricité renouvelable compétitive tout en soutenant la décarbonation de l’industrie nationale.
Avec un investissement de 1,8 milliard de dirhams entièrement financé par des capitaux privés, le projet a marqué une étape importante dans l’ouverture du marché marocain des énergies renouvelables aux opérateurs privés, rendue possible par la loi 13-09.
Un parc éolien capable d’alimenter une ville de 400.000 habitants
Le site est composé de 40 éoliennes installées sur les reliefs de Jbel Sendouq. Chaque turbine développe une puissance de 3 MW, portant la capacité totale du parc à 120 MW.
Aujourd’hui, Khalladi produit en moyenne 397 GWh d’électricité par an, soit davantage que les prévisions initiales. Cette production correspond à la consommation annuelle d’une ville d’environ 400.000 habitants.
Le projet affiche également des performances opérationnelles élevées avec un taux de disponibilité supérieur à 99%, dépassant les engagements contractuels initiaux.
Une énergie verte directement vendue aux industriels marocains
L’une des principales particularités de Khalladi réside dans son modèle économique. Contrairement à de nombreuses centrales électriques, l’énergie produite n’est pas exclusivement vendue à un opérateur public.
Des entreprises marocaines opérant dans le ciment, le textile ou encore la sidérurgie achètent directement cette électricité verte dans le cadre de contrats à long terme. Ce modèle leur permet de réduire leur dépendance aux énergies fossiles tout en maîtrisant leurs coûts énergétiques.
Pour les industriels exportateurs, notamment vers l’Europe, cette énergie bas carbone devient un atout stratégique à l’heure où les exigences environnementales se renforcent avec l’entrée en vigueur du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’Union européenne.
Un impact environnemental devenu un avantage économique
Chaque année, le parc permet d’éviter près de 180.000 tonnes d’émissions de CO₂, un niveau supérieur aux estimations réalisées lors du lancement du projet.
Au-delà du bénéfice environnemental, cette réduction des émissions contribue à renforcer la compétitivité des entreprises marocaines sur les marchés internationaux. L’accès à une électricité renouvelable devient progressivement un critère aussi important que le coût de production ou la qualité des produits.
Un projet conçu pour limiter son impact sur la biodiversité
Situé sur l’un des principaux couloirs migratoires reliant l’Europe et l’Afrique, le parc a fait l’objet d’études environnementales approfondies avant sa construction.
Certaines éoliennes ont été déplacées vers des zones moins exposées au vent afin de préserver les trajectoires de migration des oiseaux. Des opérations de reboisement, de restauration des sols et de prévention des incendies ont également été menées après les travaux.
Ce que cela change pour le Maroc
Khalladi dépasse aujourd’hui le simple statut de parc éolien. Il constitue un exemple concret de la manière dont les investissements privés peuvent contribuer à la sécurité énergétique du pays, à la réduction des émissions de carbone et à la compétitivité de l’industrie nationale.
Pour le consommateur, l’enjeu est également économique. À long terme, le développement des énergies renouvelables permet de réduire la dépendance du Maroc aux importations d’énergies fossiles, fortement exposées aux fluctuations des marchés internationaux. Une évolution qui participe à la stabilisation des coûts énergétiques et au renforcement de la souveraineté énergétique du Royaume.


