Une centaine d’artistes peintres venus de différents horizons se sont réunis du 12 au 14 juin au Complexe pédagogique rural d’Aghbalou, dans la vallée de l’Ourika, pour participer à une résidence artistique solidaire destinée à soutenir la reconstruction de cet établissement emblématique du Haut Atlas.
Organisée par l’Association Avenir Toubkal, l’initiative a permis de mettre la création artistique au service d’une cause éducative. Chaque œuvre réalisée ou offerte par les participants contribuera au financement des travaux de rénovation du complexe, qui accueille chaque année près de 1.600 élèves issus de villages de montagne.
Créé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et ouvert en 2003, le Complexe pédagogique rural d’Aghbalou joue depuis plus de deux décennies un rôle essentiel dans la scolarisation des enfants des zones enclavées de la province d’Al Haouz. Grâce à ses infrastructures d’hébergement, de restauration et d’accompagnement pédagogique, il permet à de nombreux élèves issus de villages isolés d’accéder à l’éducation dans de meilleures conditions.
Après vingt-trois années de fonctionnement continu, l’établissement nécessite aujourd’hui une reconstruction complète afin de répondre aux besoins croissants des élèves et d’améliorer les conditions d’accueil. Le projet, dont le coût est estimé à 7,5 millions de dirhams, bénéficie notamment du soutien de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH).
Pour contribuer à ce financement, les organisateurs ont choisi de s’appuyer sur la mobilisation du monde artistique. Les œuvres réalisées lors de cette résidence formeront une collection solidaire destinée à être acquise par une fondation, les fonds récoltés étant intégralement consacrés à la reconstruction du complexe.
À l’origine de cette initiative figure Abdelaaziz Bouifraden, entrepreneur et président fondateur de l’Association Avenir Toubkal. Originaire de la région, il œuvre depuis plusieurs années en faveur du développement éducatif et social des populations du Haut Atlas, à travers différents projets associatifs et touristiques.
La direction artistique de la résidence a été confiée à l’artiste peintre Fatna Chanane, présidente d’honneur de l’association franco-marocaine CÉSAME. Convaincue du rôle de l’art comme vecteur de développement humain et de solidarité, elle a réussi à mobiliser près d’une centaine d’artistes aux sensibilités diverses autour de cette cause commune.
Au-delà de sa dimension culturelle, cette initiative illustre le potentiel des projets associant création artistique et engagement citoyen. En transformant chaque œuvre en contribution concrète à la rénovation d’une infrastructure éducative, les organisateurs souhaitent démontrer que l’art peut également constituer un puissant levier de développement local et de cohésion sociale.
À travers cette résidence, les artistes participants ont ainsi mis leur talent au service d’un objectif partagé : offrir aux générations futures des conditions d’apprentissage plus dignes et adaptées aux réalités du monde rural marocain.


