Le vaste programme marocain de dessalement de l’eau de mer, engagé pour répondre à une pression hydrique croissante, suscite un intérêt grandissant à l’échelle internationale, au point de devenir un terrain de compétition entre acteurs étrangers désireux de se positionner sur ce marché stratégique.
Parmi eux, l’Australie affiche clairement ses ambitions. Forte d’une expertise reconnue dans la gestion de l’eau et confrontée à des contraintes climatiques comparables, elle cherche à capitaliser sur ces similitudes pour renforcer sa présence au Maroc. Des échanges diplomatiques ont été engagés dans ce sens, avec la volonté affichée de développer des partenariats techniques et scientifiques autour des projets hydriques et d’irrigation.
Au cœur des discussions figurent plusieurs axes structurants, allant de la gestion des nappes phréatiques à l’amélioration de l’efficacité des réseaux d’eau, en passant par les systèmes de prévision météorologique et d’alerte. Cette coopération potentielle s’étend également aux infrastructures, notamment dans la conception de routes adaptées aux contraintes climatiques, illustrant une approche globale des enjeux liés à l’eau.
L’intérêt australien s’inscrit dans un mouvement plus large d’attractivité du modèle marocain, désormais reconnu au niveau international. Les stratégies mises en place, combinant dessalement et recours massif aux énergies renouvelables, positionnent le Royaume comme un laboratoire de solutions face aux défis hydriques contemporains. Cette reconnaissance s’appuie sur une trajectoire ambitieuse, visant à porter la part de l’eau potable issue du dessalement à 60 % d’ici 2030.
Cette montée en puissance repose sur un ensemble de projets structurants, dont plusieurs unités déjà opérationnelles et d’autres en cours de réalisation. Le développement de stations de grande capacité, notamment sur la façade atlantique, traduit une volonté d’anticipation face à la raréfaction des ressources conventionnelles et à la variabilité climatique.
Dans ce paysage, le recours aux partenariats public-privé joue un rôle déterminant, en mobilisant des investissements conséquents et en favorisant l’intégration de technologies avancées. L’exemple de l’unité de Jorf Lasfar, qui alimente à la fois des zones urbaines et des sites industriels, illustre cette stratégie de sécurisation de l’approvisionnement en eau à grande échelle.
D’autres projets d’envergure viennent renforcer cette dynamique, à l’image de la future station d’El Jadida, appelée à devenir l’une des plus importantes du continent. Pensée pour répondre aux besoins de plusieurs millions d’habitants, elle s’inscrit dans le cadre du programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation, doté de moyens financiers considérables.
Au-delà de la réponse technique à la pénurie d’eau, le dessalement s’impose désormais comme un levier de souveraineté et de résilience. Dans un contexte où les ressources naturelles se raréfient et où la demande continue de croître, la capacité à produire de l’eau devient un enjeu stratégique majeur.
L’intérêt manifesté par des pays comme l’Australie confirme ainsi le basculement du Maroc vers un nouveau positionnement, celui d’un acteur central dans les politiques hydriques à l’échelle régionale, capable d’attirer compétences, investissements et innovations autour d’un défi devenu mondial.
Avec Aujourd’hui Le Maroc


