Le Maroc accélère le déploiement de sa stratégie hydrique face à la persistance du stress hydrique et à l’irrégularité croissante des précipitations. La feuille de route s’appuie sur l’augmentation des capacités de stockage, le développement du dessalement de l’eau de mer, l’interconnexion des bassins et une gestion renforcée des ressources souterraines.
D’après les données de la note de présentation du Projet de loi de finances 2027 et de la plateforme Maadialna, reprises par L’Économiste, la capacité globale de stockage des barrages devrait dépasser 24 milliards de mètres cubes avant la fin de 2027.
Entre 2020 et 2023, huit grands barrages ont été achevés, apportant une capacité supplémentaire de 1,89 milliard de mètres cubes. Cinq autres ouvrages ont bénéficié d’une mise en eau anticipée, pour un volume additionnel d’environ 746 millions de mètres cubes.
Les travaux se poursuivent actuellement sur quatorze grands barrages, dans le cadre d’un programme portant sur vingt ouvrages. Les chantiers de six barrages de taille moyenne ont également été lancés.
L’année 2027 doit être marquée par l’inauguration d’un nouveau barrage et la surélévation d’un autre ouvrage. Le programme prévoit également la réalisation de 155 petits barrages et ouvrages collinaires.
En parallèle, le dessalement de l’eau de mer doit prendre une place croissante dans l’approvisionnement du Royaume. Les projections du PLF 2027 prévoient une capacité globale supérieure à 1,8 milliard de mètres cubes par an à l’horizon 2031.
Une nouvelle génération de stations doit être déployée dans plusieurs régions côtières, notamment l’Oriental, Souss-Massa, Tanger, Guelmim-Tan-Tan et Rabat. À terme, l’eau dessalée devrait couvrir près de 60 % des besoins nationaux en eau potable.
La stratégie comprend également le développement des transferts entre bassins. La tranche urgente de l’interconnexion Sebou-Bouregreg est déjà exploitée pour sécuriser l’alimentation de l’axe Rabat-Casablanca. La liaison entre Oued Makhazine et Dar Khrofa contribue, de son côté, à l’approvisionnement de Tanger.
Un autre projet est en préparation pour relier les bassins du Sebou, du Bouregreg et de l’Oum Er-Rbia. Cette interconnexion doit constituer un axe hydraulique structurant pour le centre du Royaume.
La feuille de route prévoit aussi la réalisation de milliers de forages de prospection, la mise en place de contrats de gestion participative des nappes souterraines et le déploiement d’un système intelligent de surveillance en temps réel.
Le développement de ces infrastructures doit enfin s’accompagner d’un recours aux énergies renouvelables et de partenariats public-privé dans le secteur agricole. L’objectif est de préserver les nappes surexploitées tout en sécurisant les périmètres irrigués à haute valeur ajoutée.


