À l’approche de la COP31 d’Antalya, le financement devient la condition centrale des objectifs marocains sur les émissions, l’eau, l’agriculture, l’industrie et l’énergie.
Un objectif de réduction des émissions fixé à 53 %
La COP31 doit se tenir du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya, en Turquie. Le Maroc entend y défendre ses engagements climatiques et la nécessité de mobiliser des financements adaptés aux besoins des pays en développement.
La Contribution déterminée au niveau national 3.0, présentée en septembre 2025, fixe un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 53 % à l’horizon 2035 par rapport au scénario de référence. Une réduction de 21,6 % est prévue sans condition extérieure. L’atteinte de l’objectif global de 53 % dépend en partie des soutiens internationaux, des technologies et des transferts de compétences.
107 projets structurants à financer
Le coût de mise en œuvre de la feuille de route est estimé à 96 milliards de dollars. Le programme comprend 80 objectifs sectoriels d’adaptation et 107 projets structurants à l’horizon 2035.
La mobilisation des capitaux dépendra de la capacité à présenter des projets identifiables, évaluables et associés à des résultats mesurables. Les besoins marocains entrent en concurrence avec ceux d’autres pays qui cherchent eux aussi à attirer les financements climatiques.
L’eau demeure la première vulnérabilité
La succession des années de sécheresse exerce une pression sur les ressources hydriques, l’agriculture et l’approvisionnement de plusieurs territoires. Les investissements annoncés concernent notamment le dessalement, la réutilisation des eaux usées, l’efficacité de l’irrigation et la modernisation des réseaux.
Ces équipements ont un coût financier et énergétique. Le Maroc cherche donc à mobiliser des financements concessionnels et des capitaux privés sans transférer une part excessive du risque aux opérateurs publics ou aux consommateurs.
La finance climatique devient aussi un outil industriel
Le développement des énergies renouvelables et la décarbonation de l’appareil productif peuvent soutenir la compétitivité des secteurs exportateurs. Cette évolution nécessite toutefois des investissements dans la production électrique, les réseaux, le stockage et l’efficacité énergétique, ainsi que des règles claires d’accès à une électricité renouvelable compétitive.
Une consultation élargie sur le projet de taxonomie financière verte a été annoncée en juillet 2026 avec l’appui de partenaires internationaux. Ce référentiel doit préciser les activités considérées comme vertes et orienter les investissements vers des projets répondant à des critères techniques communs. L’énergie, les transports et l’industrie figurent parmi les premiers secteurs concernés.


