Le Maroc engage 567,3 millions d’euros de prêts souverains auprès de la Banque mondiale pour accompagner deux transformations jugées stratégiques : la digitalisation de l’économie et le renforcement de sa résilience face aux risques climatiques et financiers.
Le premier programme représente l’équivalent de 250 millions de dollars et porte sur la transformation numérique. Il doit notamment contribuer à accélérer la digitalisation des entreprises et mobiliser près de 200 millions de dollars de capitaux privés pour les startups et les PME.
L’enjeu reste important : moins d’une entreprise marocaine sur cinq utiliserait intensivement des technologies numériques avancées.
Le second financement, de 349,1 millions d’euros, concerne la gestion des risques climatiques et financiers. L’objectif consiste notamment à préparer les mécanismes permettant de mobiliser rapidement des ressources lorsqu’une catastrophe survient.
La Banque mondiale fixe ainsi une cible de 1 milliard de dollars de financements préarrangés en cas de catastrophe au cours des cinq prochaines années.
Le dispositif intègre également le risque cyber. Il prévoit notamment d’étendre la couverture contre ces risques à au moins 20 entités financières.
Enfin, une facilité de préparation de projets doit favoriser les investissements privés dans les renouvelables, l’efficacité énergétique, les transports durables et les infrastructures hydriques, avec un objectif pouvant atteindre 400 millions de dollars de capitaux privés mobilisés sur cinq ans.
Les 567,3 millions d’euros ne correspondent pas à des fonds déjà décaissés, mais à deux prêts souverains dont les décaissements dépendront de l’avancement des programmes.
Cette distinction est importante. Une partie des montants annoncés autour de ces programmes correspond également à des objectifs de mobilisation de capitaux privés, et non à des investissements déjà sécurisés.
L’intérêt du dispositif tient surtout au rapprochement entre deux risques autrefois traités séparément : le climat et le numérique. Sécheresse, catastrophe naturelle ou panne cyber deviennent progressivement des risques économiques dont l’État et le système financier doivent anticiper le coût avant qu’ils ne surviennent.



