Le Maroc franchit une nouvelle étape dans son ambition de devenir un fournisseur stratégique d’énergie verte pour l’Europe. Plusieurs projets d’interconnexion électrique et de transport d’hydrogène figurent désormais dans les plans énergétiques européens, renforçant le positionnement du Royaume comme futur hub entre l’Afrique et le continent européen.
Parmi les projets les plus structurants figure Qantara Med, une interconnexion électrique sous-marine actuellement à l’étude entre le nord du Maroc et le sud de la France. Cette liaison à haute tension permettrait d’acheminer directement l’électricité renouvelable produite au Maroc vers le marché français, sans transiter par le réseau espagnol.
Un second projet, porté par le groupe australien Fortescue, prévoit également une liaison électrique baptisée Initiative Morocco-Europe Energy (IMEE). D’une capacité de 2 GW, cette infrastructure relierait le complexe de Nador West Med à Fos-sur-Mer, avec une mise en service envisagée à l’horizon 2038.
L’hydrogène vert constitue l’autre pilier de cette stratégie. L’opérateur espagnol Enagás et l’Office National des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM) travaillent sur un gazoduc sous-marin reliant le Maroc à l’Espagne à l’horizon 2039. Cette infrastructure serait connectée au corridor européen H2Med-BarMar, destiné à acheminer l’hydrogène renouvelable vers la France puis le reste de l’Europe.
Ces projets s’inscrivent dans la stratégie européenne visant à diversifier ses approvisionnements en énergie décarbonée tout en renforçant les interconnexions transméditerranéennes. Ils témoignent également de la montée en puissance du Maroc dans les filières des énergies renouvelables et de l’hydrogène vert, grâce à son important potentiel solaire et éolien ainsi qu’aux investissements engagés dans les infrastructures énergétiques.
Au-delà des exportations d’électricité, ces futures infrastructures pourraient contribuer à sécuriser l’approvisionnement énergétique européen, accélérer la décarbonation de l’industrie et renforcer l’intégration énergétique entre les deux rives de la Méditerranée. Si plusieurs étapes techniques, réglementaires et financières restent encore à franchir avant leur concrétisation, leur inscription dans les plans européens constitue une avancée significative pour le positionnement du Royaume dans la future économie de l’énergie bas carbone.
Avec medias24.com


