La transition écologique ne se joue plus uniquement dans les grandes conférences internationales ou les sièges des institutions financières. Elle se construit désormais au plus près des citoyens, dans les villes et les régions, là où se concentrent les besoins en eau, en mobilité, en logement et en infrastructures résilientes.
C’est l’un des principaux messages qui a émergé lors du Congrès mondial de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), organisé à Tanger. Responsables publics, élus territoriaux et experts de la finance durable ont plaidé pour une nouvelle architecture du financement vert, davantage ancrée dans les réalités locales.
Le constat est simple: les conséquences du changement climatique se manifestent d’abord dans les territoires. Sécheresse, stress hydrique, inondations ou encore pression sur les infrastructures obligent les collectivités à investir massivement pour protéger les populations et maintenir les services essentiels.
Pour Khalid Safir, directeur général de la CDG, les défis globaux sont devenus des réalités territoriales. La priorité n’est donc plus seulement de mobiliser des capitaux, mais de les orienter vers des projets capables de générer un impact économique, social et environnemental durable.
Cette évolution transforme profondément la logique de la finance durable. Les collectivités territoriales ne sont plus de simples bénéficiaires des financements internationaux, mais des acteurs à part entière de la transition verte. Encore faut-il qu’elles disposent des compétences et des outils nécessaires pour attirer ces ressources.
La question de la «bancabilité» des projets s’impose ainsi comme un enjeu majeur. Les investisseurs et les bailleurs internationaux recherchent désormais des projets structurés, viables économiquement et intégrant les critères environnementaux et sociaux. Une exigence qui pousse les territoires à renforcer leur gouvernance et leurs capacités techniques.
Au Maroc, plusieurs institutions publiques ont déjà intégré cette nouvelle approche. Le Fonds d’équipement communal, par exemple, prend désormais en compte les risques liés à la sécheresse, aux inondations ou à la biodiversité dans ses décisions de financement, au même titre que les critères financiers traditionnels.
Cette mutation traduit un changement de paradigme: construire une infrastructure ne suffit plus. Il faut désormais garantir sa résilience face aux bouleversements climatiques et son utilité à long terme pour les populations.
Les débats de Tanger ont également mis en lumière l’importance de l’intelligence locale. Les meilleures solutions ne peuvent être imposées de manière uniforme. Elles doivent tenir compte des réalités humaines, économiques et culturelles propres à chaque territoire.
Pour le Maroc, cette vision s’inscrit pleinement dans la dynamique de régionalisation avancée et dans la montée en puissance des financements verts. Obligations durables, partenariats public-privé, fonds climatiques ou coopération Sud-Sud constituent autant de leviers pour accompagner cette transformation.
Au final, la transition verte ne sera pas seulement une affaire de technologies ou de financements internationaux. Elle dépendra avant tout de la capacité des territoires à devenir les véritables moteurs d’un développement plus résilient, plus inclusif et plus proche des besoins quotidiens des citoyens.




