Le Maroc poursuit l’accélération de sa transition énergétique à travers une montée en puissance des investissements, des capacités renouvelables et des réformes du secteur. Présentant un état des lieux devant la Chambre des conseillers, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leïla Benali, a indiqué que 66 projets d’énergies renouvelables avaient été autorisés depuis 2021, représentant une capacité totale de 6 gigawatts et plus de 55 milliards de dirhams d’investissements.

Ce rythme marque une nette accélération par rapport à la période 2011-2021, durant laquelle seulement 23 autorisations avaient été accordées. Selon les chiffres présentés, la cadence observée depuis 2021 est huit fois supérieure à celle enregistrée au cours de la décennie précédente.

Le premier trimestre 2026 illustre cette dynamique. En trois mois seulement, des projets représentant près de 3.000 mégawatts ont obtenu leur approbation pour une enveloppe estimée à 22 milliards de dirhams. Une puissance correspondant à près du tiers des capacités électriques actuellement installées dans le Royaume.

Selon la ministre, cette évolution répond à plusieurs objectifs stratégiques, notamment la sécurité d’approvisionnement, la souveraineté énergétique, le renforcement de la compétitivité économique et la création d’emplois.

La part des énergies renouvelables dans les capacités électriques installées est ainsi passée de 37 % en 2021 à 46 % en 2025. Une progression qui pourrait se poursuivre plus rapidement que prévu grâce notamment à l’essor de l’autoproduction électrique à travers les installations photovoltaïques destinées aux ménages, aux exploitations agricoles et aux industriels.

Le ministère estime désormais que le Maroc pourrait approcher les 50 % de capacités renouvelables dès 2028, avant même l’objectif officiel fixé à 52 % à l’horizon 2030.

Cette trajectoire s’appuie également sur l’évolution du cadre réglementaire. La loi 82.21 sur l’autoproduction électrique permet désormais aux particuliers et aux entreprises de produire leur propre électricité verte, tandis que la loi 40.19 relative aux énergies renouvelables a simplifié plusieurs procédures administratives et introduit la possibilité de développer des infrastructures de stockage électrique.

Parallèlement, l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) prépare un vaste programme d’investissement couvrant la période 2025-2030. Doté d’un financement sécurisé de 120 milliards de dirhams, ce plan prévoit l’ajout de 15 gigawatts de nouvelles capacités électriques, dont plus de 12 gigawatts issus des énergies renouvelables.

Ces capacités renouvelables représenteront à elles seules 88 % des futures installations programmées sur cette période.

Cette montée en puissance intervient dans un contexte de forte progression de la demande nationale en électricité. Selon les données citées, la consommation électrique a augmenté de 6 % en 2025, soit un rythme deux fois supérieur à la moyenne observée entre 2018 et 2024.

La production d’électricité renouvelable a, elle aussi, progressé de 6,5 % en 2025, portant sa contribution à 26 % du mix électrique national. Les projections évoquent désormais une croissance annuelle moyenne de 8,5 % de la production renouvelable marocaine jusqu’en 2030, avec une forte accélération attendue du solaire.

Les réformes engagées concernent également le secteur des hydrocarbures et du gaz naturel. Le ministère poursuit la simplification des procédures administratives dans le domaine des carburants, démarche qui a accompagné l’ouverture de plus de 800 stations-service représentant près de 2,5 milliards de dirhams d’investissements et plus de 4.000 emplois.

Concernant le gaz naturel, plusieurs réformes sont en cours, notamment la réorganisation de l’ONHYM et la préparation d’un cadre législatif dédié à l’organisation du marché gazier national.

À travers ces différents projets, le Maroc confirme ainsi une réorientation profonde de son système énergétique vers des sources de production à faible intensité carbone, appelées à occuper une place de plus en plus importante dans l’économie nationale durant les prochaines années.

Avec Barlamane

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