Les impacts croissants du changement climatique sur les océans, les ressources hydriques et la biodiversité marine ont été au centre d’une conférence scientifique organisée à Université Euro-Méditerranéenne de Fès.
Animée par la chercheuse espagnole Carmen Gonzalez Castro, spécialiste des sciences marines à l’Institut des sciences marines de Vigo, la rencontre a mis en lumière le rôle central des océans dans la régulation du climat mondial ainsi que les menaces environnementales qui pèsent désormais sur les écosystèmes marins.
Intitulée «Les effets du changement climatique sur l’eau et la biodiversité : outils pour l’atténuer», la conférence a rappelé que les océans couvrent près de 70% de la surface terrestre et concentrent environ 98% des ressources en eau disponibles sur la planète.
Selon la chercheuse, ces écosystèmes jouent un rôle déterminant dans le cycle hydrologique, la stabilité climatique et le maintien de la biodiversité mondiale. Les océans abriteraient entre un et dix millions d’espèces, dont seule une faible partie est actuellement identifiée par la science.
La conférence a également mis en avant les effets directs du réchauffement climatique sur les milieux marins. L’augmentation continue des émissions de CO2 depuis la révolution industrielle provoque une hausse accélérée des températures mondiales, avec des concentrations atmosphériques dépassant désormais 428 parties par million.
Les océans absorbent aujourd’hui près de 91% de l’excès de chaleur généré par les gaz à effet de serre, entraînant un réchauffement progressif des eaux, la multiplication des vagues de chaleur océaniques et une élévation du niveau de la mer qui menace particulièrement les zones côtières et insulaires.
Autre phénomène préoccupant: l’acidification des océans. En absorbant environ 30% du CO2 émis dans l’atmosphère, les milieux marins voient leur équilibre chimique se modifier, fragilisant plusieurs espèces essentielles comme les coraux, les coquillages et différents organismes calcaires indispensables aux écosystèmes marins.
Face à ces risques, la chercheuse a plaidé pour une réduction rapide des émissions de carbone à travers le développement des énergies renouvelables, l’évolution des modes de consommation et des politiques urbaines plus durables.
Elle a également insisté sur l’importance des solutions fondées sur la nature, notamment les écosystèmes dits de «carbone bleu» comme les mangroves, marais et herbiers marins, capables de capter jusqu’à 50 fois plus de CO2 que certaines forêts terrestres.
Selon Khadija Essafi, vice-présidente chargée des affaires académiques et culturelles de l’université, cette rencontre a suscité un fort intérêt auprès des étudiants autour des enjeux climatiques et environnementaux mondiaux.
Cette conférence s’inscrit dans le cadre du cycle hebdomadaire de rencontres scientifiques organisé par Université Euro-Méditerranéenne de Fès en partenariat avec Institut Cervantes de Fès.
Avec MAP


