Le Maroc engage une nouvelle étape dans sa stratégie hydrique avec la mise en place d’un accord-cadre destiné à développer une industrie nationale intégrée du dessalement de l’eau de mer.
Selon une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste, cette initiative vise à renforcer simultanément la sécurité hydrique du Royaume et sa souveraineté industrielle face aux pressions climatiques croissantes.
Le partenariat signé avec plusieurs acteurs du secteur repose sur l’ambition de structurer une filière nationale compétitive capable de répondre aux besoins du marché local tout en développant un positionnement à l’international.
Le ministère de l’Équipement et de l’Eau estime que le Royaume dispose désormais des compétences et des capacités nécessaires pour accélérer cette montée en puissance industrielle autour du dessalement.
Aujourd’hui, le taux d’intégration locale dans ce secteur est estimé entre 30 et 35%. L’objectif affiché est de porter ce ratio à 70% d’ici 2030 grâce à une coordination renforcée avec les partenaires industriels et institutionnels.
Cette stratégie prévoit notamment un appui à l’innovation, à la recherche appliquée et au transfert de technologies afin de réduire la dépendance aux importations et de consolider une filière industrielle locale.
Le programme national de dessalement poursuit parallèlement son expansion. Le Maroc ambitionne de porter sa capacité annuelle de production à 1,7 milliard de mètres cubes d’ici 2030, contre environ 320 millions actuellement.
L’objectif est également d’augmenter la part du dessalement dans l’alimentation en eau potable de 25% aujourd’hui à 60% à l’horizon 2030.
Plusieurs projets structurants sont déjà en cours à Nador, Tanger, Rabat et Casablanca. Ces futures unités devraient totaliser une capacité de production de 540 millions de mètres cubes par an et entrer en service avant 2027.
Le Royaume prévoit par ailleurs d’alimenter ces nouvelles stations grâce aux énergies renouvelables afin de limiter l’impact environnemental du dessalement et d’aligner cette politique sur la stratégie nationale de transition énergétique.
Cette dynamique s’articule également avec d’autres projets liés à l’hydrogène vert et à l’ammoniac, notamment autour du port de Tan-Tan, illustrant la convergence croissante entre politique hydrique, transition énergétique et stratégie industrielle.
Face au stress hydrique et aux effets du changement climatique, le Maroc mise désormais sur une approche intégrée combinant dessalement, interconnexions hydrauliques, protection des nappes phréatiques et diversification des sources d’approvisionnement en eau.
Avec l’Economiste


