À Rabat, la secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime, Zakia Driouich, a mis en avant le rôle central des aires marines protégées dans la stratégie nationale de développement d’une économie bleue durable. Présentées comme un outil de convergence entre préservation des écosystèmes et croissance économique, ces zones s’inscrivent dans une logique de long terme visant à mieux gérer les ressources marines.
Le Maroc, avec son double ancrage atlantique et méditerranéen, dispose d’un potentiel maritime important, mais confronté à des pressions croissantes : surexploitation des ressources halieutiques, dégradation des habitats, effets du changement climatique et intensification des usages du littoral. Dans ce contexte, les aires marines protégées apparaissent comme des instruments de régulation, permettant à la fois de protéger les zones sensibles, de restaurer les écosystèmes et de favoriser la reconstitution des stocks de poissons.
Cette orientation s’inscrit dans une vision stratégique plus large, qui place l’environnement marin au cœur des priorités nationales. Elle se traduit notamment par une feuille de route couvrant la période 2025-2027, avec un objectif clair : porter la part des espaces marins protégés de moins de 1 % actuellement à 10 % des eaux nationales. Huit aires ont déjà été mises en place, avec une extension programmée à douze nouvelles zones.
Au-delà de la dimension environnementale, l’économie bleue est envisagée comme un levier de croissance inclusive. Une commission nationale dédiée, mise en place en 2023, vise à assurer la coordination des politiques publiques liées aux activités maritimes et à structurer les projets associés.
Les intervenants ont également insisté sur le rôle des technologies dans la gestion de ces espaces. La surveillance satellitaire, l’intelligence artificielle et l’analyse de données permettent aujourd’hui de mieux cartographier les activités en mer, d’identifier les zones à forte valeur écologique et d’améliorer les dispositifs de contrôle.
Pour les experts, les aires marines protégées ne doivent pas être perçues comme des contraintes, mais comme des investissements dans la durabilité. Lorsqu’elles sont bien conçues et correctement gérées, elles contribuent à la régénération des ressources, à la résilience des écosystèmes et à la création de valeur économique sur le long terme.
La réussite de cette stratégie repose toutefois sur une gouvernance intégrée, associant pouvoirs publics, chercheurs et acteurs économiques, ainsi que sur une planification capable d’anticiper les pressions futures. L’enjeu est désormais de transformer cette ambition en résultats concrets, dans un contexte où les équilibres marins deviennent de plus en plus fragiles.


