La centrale hydroélectrique d’Allal El Fassi s’apprête à franchir une nouvelle étape dans son évolution. L’Office national de l’électricité et de l’eau potable a engagé des études en vue de transformer cette infrastructure en station de transfert d’énergie par pompage (STEP), un dispositif clé pour le stockage de l’électricité.

Située à proximité de Fès et en service depuis 1994, la centrale dispose d’une puissance installée de 246 MW et produit chaque année près de 270 GWh. Son fonctionnement actuel repose sur l’acheminement de l’eau depuis le barrage Allal El Fassi vers un bassin de modulation, avant restitution vers le barrage Idriss Ier après turbinage.

La conversion en STEP introduira une logique inverse : en période de faible demande, l’eau sera pompée vers un bassin supérieur, puis relâchée lors des pics de consommation pour produire de l’électricité. Ce mécanisme transforme l’installation en véritable système de stockage, capable d’absorber les excédents d’énergie et de les restituer en fonction des besoins du réseau.

Ce projet s’inscrit dans la stratégie énergétique nationale, qui vise à renforcer la part des énergies renouvelables, notamment le solaire et l’éolien. Ces sources, par nature intermittentes, nécessitent des solutions de stockage fiables pour garantir la stabilité du réseau électrique. Les STEP constituent aujourd’hui l’une des technologies les plus éprouvées pour répondre à cet enjeu.

Les études lancées par l’ONEE, d’un montant de 22,8 millions de dirhams, porteront sur les aspects techniques, économiques et environnementaux du projet. Elles incluent notamment des analyses hydrologiques, des études géotechniques et des modélisations, ainsi qu’un volet de formation destiné aux équipes en charge de l’exploitation future.

Au-delà de la transition énergétique, cette reconversion vise également à prolonger la durée de vie de la centrale, dont les équipements approchent les trente années d’exploitation. Le chantier impliquera des adaptations techniques importantes, telles que l’installation de turbines réversibles, la création de nouvelles galeries et l’ajustement des infrastructures hydrauliques existantes.

Si le coût global des travaux n’est pas encore arrêté, il pourrait atteindre plusieurs centaines de millions de dirhams. À terme, cette transformation devrait renforcer la flexibilité et la résilience du système électrique national, en dotant le Maroc d’un outil supplémentaire pour accompagner la montée en puissance des énergies renouvelables.

Avec Les Inspirations Éco

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